HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVII. ij I
même les veines de cette pierre croient disposées de telle façon ,quechaque Muse avoir sa marque distinctive. Passé ces deux pieces,
très bien fendu. Les autres figuresgéométriques , qui font telles quellesforment des bastions quatres, des for -tifications de différentes figures pourun Géomètre & un Guerrier pour-roieat être des points de Hongrie ,des étoffes, à flammes ou d’un pointsingulier pour une personne qui, parétat ou par goût, auroit les idées tour-nées de ce côté. La pierre que Laët anommée pierre de scolopendre , àcause quelle est marquée comme lesfeuilles de la plante qui porte ce nom,pourroit bien auffi ne reíïembler qu’àune’ étoffe chamarée , suivant beau-coup de períonnes qui connoîtroientplus les étoffes que les plantes. Kund-man qui avoir visité plusieurs mines,trouvoitdans un jaspe de différentescouleurs, que le giflement des filonsdes mines y étoit tracé par une bandenoire, dont les côtés font oblique-ment imités , à-peu-près comme lesdents de certaines scies : pour moi, jen’y aurois vu qu une partie d’un sem-blable instrument ou d’une feuille deplante , qui dans plusieurs , font ainsidécoupées. En un mot on trouverafacilement l’explication de ces diffé-rentes figures , lorfqu’on ne voudrapas se trop laisser aller à son imagi-nation. On corrigera ainsi tout ce quel’on raconte des cailloux d’Egypte,de ceux de Rennes en Bretagne , deVerest proche Tours. Ces derniersdont on doit la connoistance à feuM. le Duc d'Aiguillon, méritent sou-vent d’ètre placés avec les plus bellesagites. M. le Duc d’Aiguillon, par
amour pour les Arts & l’Histoire Na-turelle , avoit fait travailler de cescailloux. 11 en avoit, des plus beaux,fait faire des dessus Sí dessous de ta-batières , quelques autres avoient étéassez gros pour que l’on en pût formerdes mortiers de près dun demi pied.de diametre , fur plusieurs pouces deprofondeur. L’on remarque dans cescailloux un grandnombre de couleurs jles principales font , une couleur delait plus ou moins jaunâtre, un jauneplus ou moins vif, une olive de nuan-ces différentes , un ver , un couleurde chair , un de cerise, un de corna-line , un blanc , un gris plus ou moinsfoncé , un gris de lili , un violet,dont la vivacité n’est pas toujours lamême. Ces couleurs ne fe trouventpas, comme on le pense bien , toutesréunies dans un même caillou. L’uneou l’a urre deces couleurs fait le fond ,deux ou plusieurs des autres y fontmariées différemment. La variété aveclaquelle elles font distribuées, y oc-casionne plusieurs accidents aux-quels on peut trouver quelque res-semblance , pour peu qu’on laiste agirson imagination. J’ai vu un de cescailloux qu’on auroit pu appeller lagrotte. Une grande tache oblongue,dont le tour étoit d’un brun jaunâtrefouetté de violet , sembloit faire leceintre d’une ouverture , donc le mi-lieu qui étoit jaune , formoit l’enfon-cement j derriere & sur les côtés, il yavoir des ondes d'un couleur de feu,qui paroissoient s elever & couler dela grotte. Ces dernieres fembloient;
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