ijz NATURALIS HISTORIA L1B. XXXVII.
insignia. Nec deinde alia, quae tradatur, magnopere gem-marum claritas exstat apud auctores : praeterquam Isine-
descendre jusqu’au bas d’une monta-gne. Le fond de la pierre étant blanc,lavé d’une rouge pâle , il représentoitun ciel. Une autre étoit, lî l’on vou-loir , une carte marine. Ses tachesétoient dispersées de façon que, parleurs sinuosités & leurs figures irrégu-lieres , elles représentoient, en quel-que sorte j les flots de la mer qui sebrisent contre les rochers ; des baies6c des golfes, que l’on pouvoit rétro u»ver , si l’on vouloir aussi, dans les au-tres taches de ce caillou. Une troisiè-me étoit comme remplie de moufle ,à cause des taches qui approchoientde ces petites plantes. Les taches cir-culaires & concentriques d’un autreauroient pu le faire appeller le caillouà queue de paon. Ces noms étoientd u moins ceux que les poflefleurs descailloux leur avoient donnés, & quiauroient pu être nommés autrement,s’ils enflent appartenus à des person-nes dont le goût eût été porté versquelques autres objets. Les caillouxde Rennes, qui semblent n'être qu’unamas de corps ronds réunis ensemblepar une matière très dure & très fine,ne présentent pas autant d’objets ima-ginaires ; mais les cailloux d’Egypte'en fournissent une très grande quan-tité qui peuvent se rapporter à quel-ques uns de ceux dont on a parié.
C’est s’opposer, dira-t-on, aux Na-turalistes anciens, & même aux plusmodernes, que de soutenir le senti-ment que j’embrafle, & vouloir com-battre les idées d’un très grand nom-bre de personnes, qui, fans être Natu-
ralistes, ne se rendent qu’à ce qu’eí-les voient. L’on entrevoie mal dansnos idées, si Ion s’imaginoit que j’ôtetoute ressemblance à ces différentestaches j je veux feulement dire, qu’el-les ne représentent souvent pas plusce cju’on prétend, que les nues ne res-semblent aux choses auxquelles on lescompare. Les taches des pierres, com-me les nues ont, la plupart du tems,la ligure de tout ce qu’on veut. II estvrai cependant, & il faut l’avouer, quel’art des ouvriers fait prendre aux ta-ches des pierres, quelque forme quipeut approcher grossièrement de quel-que corps connu. On peut, en tail-lant une pierre, faire prendre à cestaches 8 c ces veines la figure d’un hom-me , d'un animal, on peut faire pren-dre celle d’un œil à une tache ronde ,de fortifications, ou d’antres objetssemblables, à des taches irrégulieres,par les différentes coupes que l’on feradans ces pierres, mais ces représenta-tions seront toujours plutôt l’effet del’art > & elles seront toujours des ébau-ches très grossières ; & je ne puis croi-re que ces portraits soient aussi finisqu’on veut le faire accroire. 3e ne puissouscrire à tout ce que l’on a rapportéde ces différentes pierres. J’embraffe-rai volontiers, en partie, l’opinion deCardan fur l’agate de Pyrrhus. Elle n’é-toit, selon Cardan, rien moins quenaturelle quant à ce qu’elle représen-toic. Je croirois avec lui que quelquePeintre habile avoir peint fur unepierre, avec de fortes couleurs, le ta-bleau qui y étoit représenté, que cette