histoire naturelle, l iv. xxx vi r. 18^
perles étoit une chose honteuse & déshonorante', à. moins quelle;ne dût être regardée comme un présage de la colere des Dieux,qui, pa.r cette tête ainsi ornée des richesses de l’Orienc, & don-née en spectacle sans le reste du corps, enllent voulu faire con-noître dès-lors ce qui devoir arriver à Pompée (z). Néanmoins-le reste de son triomphe étoit tout-à-fait digne d’un cœur nobleôc généreux ; car il fit présent de mille talents (4) à la Républi-que, & aux Questeurs qui avoient défendu les côtes dé la mer,,& de six mille sesterces (5) a chaque soldat. Toutefois la magni-ficence du triomphe de Pompée a rendu plus excusable le luxede l’Empereur Caïus , qui , outre les autres choses en quoi ilimitoit les femmes , portoit des brodequins de perles; & celui deFEmpereur Néron, qui garnissoit de perles les bâtons & les mas-ques des Farceurs , Sc les lits où il couchoit. Ainsi nous n’avonspas droit, ce semble , de blâmer les coupes enrichies de pierre-ries , Sc les différentes sortes de meubles enrichis de même, tan-dis que nous 11e disons rien des bagues ; car. y a-t-il un luxe quine soit moins répréhensible que celui-ci
Mais, pour revenir au triomphe de Pompée, ce fut alors qu’onapporta à Rome, pour la premiere fois, des vases appellés mur-rhins (6), du nom dune certaine matière, de prix : Sc Pompée fut
» les mystères de Gérés j & qu’un fol-ii dar prirau siège de Mantoue, n’a« jamais été estimé que cinquante» mille écus d’Âllemagne, quoiqu’il» n’en vaille pas la vingtième partie,j) & qu’il soit encore chargé d’un„ grand travail en relief; tandis que» les vases murrhins, au contraire, pa-ri roifleut avoir été tout unis, fans« aucune apparence de gravure. L’o-« pinion populaire fur..la matière de-> ces- vases, est celle ’ qu’on trouve» déduite assez AU long dans fou-» vrage - de M.. Mariette ( Traité dess> pierres gravées } tom. 1}« On allure.
que les vases murrhins se trouvoienFen différents endroits de l’Orient,,en Perse , plus particulièrementdans la Carmanie,, dans l’îhde Scla Thébaïde; mais ceux de cettederniere Province croient sophisti--qués, c’est-à dire produits par une
composition qui imitoitle murihin ,,
quoiqu’eile fût d’une nature diffe-rente. II existe une porcelaine avan--turine qui paioît analogue ail mur-rhin. O11 l’appelle rao-pien } c’est-à-dire transmutation ;; car toute la-pâte se.convertit tellement, qu’en*fin elle ressemble à. de l’agate ■: