ZI4 N A T (s R A L I S HISTORIEE LIB. XXXVII,
mas, pretium habet adamas, diu non nisi regibus & iis admodum paucis cognitus, auri modo in metallis repertus,
que bien d’autres n’ont pas , ce n’est,en plus grande pairie , que la taillequi le leur donne, &ily a une grandedifférence entre un diamant tailléavec régularité , Sc un qui ne le ferapas avec cette justefle. Ainsi 1 éclat deces pierres , n’est souvent qu un éclatd’emprunt, qui ne vient point de leurfond, & qui ne leur est pas en quel-que sotte intrinfec 6c identifié. 11 estautant l’effet d’une lumière réfléchieou réfractée , que celui d’une qualitéde la pierre j le crystal 8c le verre mê-me taillé avec une art semblable ,distere peu du diamant pour le jeu ;auffi les Naturalistes exacts ont-ils étéassez embarraflés à déterminer la na-ture de cette pierre. Si l’on consulteceux qui ont écrit les derniers , onverra qu’ils ne font nullement con-sister le caractère de cotre pierre dansle brillant qu’elle peut avoir. Wol-tersdorst qui est le dernier de tous, faitmême consister le caractère spécifiquede cette pierre dans la propriété den’être teinte d’aucune couleur , ce qui,la distingue des autres pierres pré-cieuses colorées, avec lesquelles elleconvient , en ce qu’elle est d unefigure hexaèdre ou à fix pans, prisma-tique , aiguë des deux côtés, en cequ’elle est transparente , & que lalime ne mord point dessus. Cette der-niere propriété même , est la feuledifférence que notre Auteur trouveentre elle 8c le crystal de roche. Wol-tersdoiss approche beaucoup de Wal-lerius ; celui-ci ne détermine pas lafigure des diamants, il ne la désigne
que par la qualité indéterminée d'êtfSà plusieurs pans , de forte qu’il y a ,selon lui, des diamants octahedres enpointe, de plats, de cubiques 8c d’ar-rondis. II ne caractérise donc le dia-mant que par sa dureté , qui est au-dessus de celle de toutes les pierres jfa grande transparence , semblable àcelle de l’eau , 8c par sa propriété derésister au feu , de n’y pas perdre deson poids, & de n’y point changer defigure. 11 saur, fans doute ^ entendrece dernier trait av-ec restriction ; cen’est, fans doute , qu’à un feu d’uneviolence modérée ; puisque M. Lin-nteus prétend que le diamant fe liqui-fie au feu , qu’il y bourfoustle , qu’ilfait effervescence ainsi calciné , qu’ila un goût astringent ; propriétés qui,jointes à fa figure qui , selon lui, estoctaèdre ou à huit pans , doivent lefaire ranger fous le genre de l’alun ,qui a toutes ces qualités , & dont lediamant ne dissere spécifiquement,que parcequ’il est plus dur , transpa-rent 8c très solide.
On sera , fans doute, surpris devoir ainsi avilir en quelque forte lediamant , en le rapprochant d’unepierre, dont nous faisons peu de cas.Je ne ferois point arrêté par un sem-blable motif, s’il étoit bien prouvéque le diamant eut toutes les pro-priétés que Linnœus lui attribue. Cen’est pas suivant que nous sommesaffectés des choses, que nous devons estjuger ; ce n’est pas suivant les usagesque nous en faisons, les utilités oules ornements qu’ils nous procurent,