HISTOIRE NATURELLE, L IV. XXXVII. 115
des pierreries, mais encore comme la plus précieuse des choseshumaines. Pendant long-tems il n'a été connu que des R.ois, &même ne l’a été que d’un très petit nombre : on ne le trouvoitque dans des mines, à la maniéré de l’or, & encore très rarement.Et comme il accompagnoit toujours l’or, on jugeait de-là qu’il ne
mais suivant leurs qualités intrinsè-ques. Ainsi j’avouerois le sentiment deM» Linnœus , si je le voyois embrassépar ceux qui ont écrit depuis lui surcette matière , & si M. Linnaeus eûtrapporté les expériences fur lesquellesil a, fans doute, établi son sentiment:il est difficile de se persuader, que parle feu ordinaire, on puisse réduire lediamant dans un état de chaux , telqu’il soit possible de le soumettre àfaction d’un acide, & qu’il puisse agirsur l’organe du goût. C’est même íurcette propriété que , non-seulementles deux Auteurs cités ci-deflus, maisla plupart des autres ont établi le ca-ractère du diamant, en partie, ou entotal. Le diamant est , selon Boot,la plus dure de toutes les pierres j ilest fans couleur & aussi diaphane quel’eau claire. On retrouve cette défini-tion dans Charleton , dans Laët, dansde Rosnel , il ôte seulement la com-paraison avec l’eau. M. d’Argenvillene le considere que du côté de sa du-reté ; mais il joint à certe qualité celled être une belle pierre. Wodwardavoit dit aussi que cette pierre l’em-porte fur toutes les autres en brillant,en beauté A en dureté, & ii n’avoitété en cela que l’écho d’une infinitéd’autres Ecrivains qui ont parlé dediamant. 11 semble qu’on oublie lesavantages beaucoup plus réels d’uneinfinité d’autres pierres, dès que l’on
parle du diamant, il semble que laNature n'a rien fait d’aussi parfait, Lcqui puisse l’cgaler : c’est toujours avecune espece d’admiration que l’onparle de cette pierre. Le diamantétoit pour Gersaint j ce fameux Mar*chaud , qui , par le goût l’ordrequ’il metcoit dans les catalogues qu’ilfaisoit des ventes auxquelles il préfi-doit , s’est acquis une réputation non
équivoque, parmi les Naturalistes mê-me ; le diamant, dis-je , étoit pourGersaint, la plus dure , la plus bril-lante & la plus précieuse de toutes lespierres. Berghen , occupé de mêmeque Gersaint, dans le commerce despierres précieuses , ne parle aussi du.diamant, que comme de la plus ex-cellente & la plus parfaite de toutes.II commence par cette pierre le détail.de ce qu’il a à dire fur les pierres pré-cieuses, à cause de la prééminence decelle-ci sur les autres. Enfin, que Ton.feuillette tous les Auteurs qui onttraité du diamant, on retrouvera tou-jours les mêmes termes , ou d’autresqui leur font équivalents. Rué, sem-ble vouloir élever le diamant an-des-sus de sa nature même ; il s’est acquis,dit-il, la plus grande gloire parmi leschoses humaines.
En se fixant , pour caractériser lediamant, aux propriétés que les Au-teurs leur assignent ie plus générale-ment , ii faudroit définir le diamant,