HISTOIRE NATURELLE, L I V. X XXVII. m
en couleur. Présentement on connoît íìx fortes de diamants. Ceuxdes Indes ne viennent point dans les mines dor, mais avec le
Cette forte de pierre lui étant incon-nue & lui voyant quelqu éclat, il laporta à Golconda , & par bonheurpour lui il s’adreíla à une personnequi faisoit négoce dediamancs. Ce né-gociant ayant su du paysan le lieu oùil avoir trouvé la pierre, fut tout sur-pris de voir un diamant d’untel poids,vu qu’auparavant les plus grands quel’on voyoit, étoient au plus de 10 àii karats. Le bruit de cette nouvelledécouverte se répandit bientôt danstout le pays,. Sc quelques-uns dubourg qui avoient bonne bourse, com-mencèrent de faire fouiller dans laterre , où ils trouvèrent & où l’on trou-ve encore, de grandes pierres en plusgrande quantité que dans.aucune au-ne mine.
La différente situation de ces minesdemandoit qu’on apportât, dans larecherche des diamants, des tnanceu -vres qui ne fussent pas les mêmesilfalloir fans doute s’y prendre autre-ment dans les mines qui font entreles rochers, que dans celles qui sontdans une plaine ou dans des rivières.Auísi , ces manœuvres diffèrent - ellesselon les mines. A Raoleonda les mi-neurs se servent de petits crochets defer : ils les foutent dans les veines quifont entre lès rochers, & où elles nefont que d’un demi doigt ou d’un-doigt de large. 11s en tirent, au moyen;de leurs crochets, là terre ou le fable;Us les mettent dans des vaisseaux ,.les>lavent deux ou trois fois, & lorsqu’ils<ont par ces- lavages aslez emporté la;plus grande parcie de cette terre on-
de ce fable, ils cherclient.dans ce qu’ilen teste,.les diamants,.qu’il est facilealors de trouver. Les-veines n’allantpas toujours en ligne droite entre lesrochers, mais y faisant plusieurs dé-tours, les mineurs font obligés, poucles retrouver, de casser ces rochers.
A la mine de Gani, c’est bien pacune efpece de lavage que l’on trouveauffi les diamants, mais il y a des dif-férences qui viennent de la grande;quantité de terre que l’on est obligéd’emnorter avec les diamants qui se;trouvent négligés. Voici comme Ta-vernier détaille ce lavage.
Après que les mineurs ont reconnu;;la place où ils veulent travailler, iî§applanilfent tout proche une autre,place de pareille étendue Sc même unpeu plus .grande, autour de laquelle,ils font une enceinte de murailles „d’environ deux pieds de haut. Au pied;de ce petit mur, ils font , de deux en,deux pieds, des ouvertures pour cou-ler l’eau, lesquelles ils ferment jus-qu’à ce qu’il soit tems que l’eau s’é—coule. Cette place étant ainsi prépa-rée, ceux qui doivent travailler à cette;recherche s’astemhlent tous, hommes,,femmes & enfants, avec le maître qu*'les met en besogne, accompagné d’une;partie de ses. parents & amis. U ap-porte avec lui quelque figure de pier-re du Dieu qu’ils adorent, laquelle;étant mise debout fut la terre, chacun;fe prosterne par trois fois devant elleleur Prêtre cependant faisant la priè-re. Cette priere finie, il leur fait àìroua une certaine marque fur ie frontí