.2 z 8 NATURALIS HISTORIA LIB. XXXVII.
causis. Nullius coloris aspectus jucundior est. Nam herbasquoque virentes frondesque avide spectamus : Smaragdos
moins que toutes ces perfections dansune émeraude pour la mettre à un sihaut prix, puifqu’il s’en faut de beau-coup quelle ne soit de la dureté durubis. La dureté de l’émeraude com-parée à celle des autres pierres pré-cieuses , n’est que du cinquième de-gré; non-feulement le diamant & lerubis l’emporteron t fur elle de ce côté ,mais le saphir & la topase , Sc si Plinedonne à l’émeraude le troisième rangdans !'ordre des pierres précieuses ar-rangées suivant l’estime qu’on en fait,ce n’est certainement qu’à cause de lafaçon dont on est affecté par sa cou-leur ; il n’avoit nul égard à la duretéde cette pierre ; propriété qu’il faitentrer dans le nombre de celles quifont dans le premier rang. Ce n estq tria la douceur de la couleur del’émeraude & au beau ve.rd dontelle est , & qui est , comme il le dit,au- dessus de tous les vçrds, que Plines’arrête pour lui assigner fa place. L’é-ciat des autres pierres , est quelque-fois si vif, qu’il bielle en quelque fa-con la vue, celui de Pémeraijde la rem-plit fans la fatiguer, & l’intensité dela lumière qui obscurcifloit une autrepierre , n’a fait que donner plus debrillant à l’émeraude. Le soleil , lalampe , sombre même ^occasionnentpas dans le jeu de cette pierre , tmchangement auíE grand que dans lesautres , rémeraude brille toujoursd’une lumière à peu près égale & auflì.douce, C’est saps doute ainsi que l’ondoit entendre le sentiment de Pline ,par jl e.ft certain que rémeraude ac-
quiert de 1 éclat, exposée à certainsjours, & que l’ombre la ternit beau-coup, à moins qu’elle ne foie dans lecas de quelques-unes de ces pierres,dont on parlera plus bas. L’ombrecommence à faire fur elle , ainsi quefur routes les autres pierres, une im-pression que l’eau , lorsqu’on ies yplonge, faic encore plus sensiblement,c’est-à dire, que toute lumière se-reint en entier ou en partie feule-ment.
La lumière douce Sc modérée del’émeraude , devoir donc engager àchercher le moyen d’augmenter cettelumière. On ne pouvoir gueres mieuxs’y prendre , qu’en donnant à cettepierre , quelque peu de concavité ;les rayons de la lumière dévoient s’yréunir en plus grande quantité, cequi est une propriété des miroirs con -caves, ceque tout le monde saitmain-tenant, comme de réfléchir les imagesdes corps d’une façon renversée lors-qu’ils font à une certaine distance deces miroirs. C’est, fans doute, de cespropriétés que Pline parle , lorsqu’iLdit que la plupart des émeraudescroient concaves pour augmenterleur lumière , Sc que , lorfqu’ellescroient d’une certaine étendue, ellesrenvoyoient les images renversées demême que les miroirs. La facilité quel’on trouvoit à creuser ainsi les éme-raudes dans le peu de dureté de cettepierre , comparée à celle de plusieursautres , la faií'oit préférer pour cetusage. Les Romains aimant apparem-ment les petits miroirs que l’on fai-