Band 
Tome douzieme.
Seite
239
JPEG-Download
 

HISTOIRE NATURELLE, L I Y. X XX V I l. 239

res précieuses, & cela par plusieurs raisons. Il n’est point de cou-leur plus agréable à l’œil que celle de ces pierreries. Car quoique, son prenne un grand plaisir à considérer la verdeur des herbes& des feuilles, on en goûte infiniment davantage à contempler

soit avec elle, il n’est pas surprenantque l’on se fut déterminé, selon Pline,à ne les pas graver. Si ce n’est cepen-dant les émeraudes de Scythia enEgypte , qui étoient d’une dureté àl’épreuve de presque tous les ou-tils.

11 en est par conséquent des éme-raudes comme des autres pierres. Tou-tes ne font pas du degré de duretéfixe , & qui soit toujours le même.

L’on peut bien dire qu’en général ladureté de l’émeraude est au dessousde celle du diamant, du rubis, du sa-phir & de la topase , qu’elle est au-desius de la chysolite , de Paméthiste,du grenat Lc de plusieurs autres , maisdéterminera t-on le point où ces dif-férences commencent , celui où ellesinsistent, tirera-t-on la ligne de sépa-ration. Ce ne sera toujours qu’unedureté de comparaison que nous pour-rons connoître, & nous trouveronsdes degrés infinis dans cette propriété,comme dans les autres. Ainsi l’éme-raude pourra varier infiniment, tantdu côté de fa couleur, que de sesautres accidents.

La couleur de l’émeraude est engénéral verte ; mais ce verd est d’unecouleur claire dans l’émeraude d’O-rient, &'d’un verd foncé dans cellequ ou appelle émeraude d’Occidenr.Le verd\de celle cî tire outre cela furle bleu , au lieu que celui de la pre-mière paroît tenir un peu, du jaune ;Lune & sainte étant échaufféesde-

viennent d’une couleur bleue, qu’eîlesgardent, tant qu’elles font dans cecétat & qu’elles perdentia proportionqu’elles fe refroidissent. Entre ces deuxextrêmes de verd clair & de verd fon-cé , combien de nuances possibles?L’émeraude n’étant probablement ,comme le prétend de Rofnel, qu’unepierre transparente qui se colore peu-à-peu dans la mine, il y aura des va-riétés en grand nombre , selon que

cette pierre sortira de sa mine plus ou

moins teinte de couleur, & selon quecette couleur aura acquis plus de per-fection ; ce qui fait croire , dit cetAuteur , que celles que l’on voir im-parfaite en couleur , n’auroit pas cedéfaut, si elles avoienr eu un rems-fufsisant pour prendre leur matu-rité.

De Rofnel apporte en preuve deson sentiment, un fait qu’il tire d’unEcrivain qu’il ne nomme pas. Cet Ecri-vain , natif du Pérou, etantàCusco,vit une émeraude, dont deux de cescoins étoient d’un beau verd & lesdeux autres blancs , de forte qu’on-auroit dit que c’étoit deux pierres at-tachées ensemble. Cette pierre parutsi singulière à Philippe II , Roi d Ei-pagne , qu’il voulut la conserver,comme une preuve de la façon dontl’émeraude se formoit dans fa mine.On peur aisément, au moyen de cetteobservation, comprendre les points,les taches , les nuages qui peuvents’obferyer dans ces pierres , les uns ou