240 NATURALIS HISTORIA LIB. XXXVÏI.
vero tanto libentius, quoniam nihil omnino viridius com-paratum illis viret. Praeterea soli gemmarum contuitu ocu-
les autres pourront être plus ou moinsgrands, selon qu’il sera resté déten-due à colorer. Si la couleur coloranten’a pas été bien pure , l’émeraude nele fera pas austi ; si cette couleur l’ad’abord été, & qu’ensuite elle se soitchargée d’une couleur étrangère, l’é-meraude sera pure dans une partie, 8cne lésera pas dans une autre ; les dé-fauts pourront par conséquent êtreplacés dans un endroit ou dans unautre de 1 étendue de la pierre : cequi variera encore suivant que la co-loration de la pierre aura commencé ;elle peut commencer par le centre ,ou par les côtés, ou par les angles :car, fans doute, qu’il n’y a pas en celade réglé, comme de Roíhel voudroitle persuader. II ne faut pas croire , àce que je crois, avec cet Auteur, quecette opération se faste, de sorte qued’abord il se forme une veine colo-rante dans la pierre, que la pierre seperfectionne ensuite dans un de cescoins , que ce coin est celui qui re-garde le soleil levant, Lc que c’eftparcet endroit que la couleur la plus vivelui est communiquée , jusqu'à cequ’eile s’étende par tontes ses parties,8c qu’elle lui ait fait perdre fa couleurblanche , qu’elle avoir dans son ori-gine.
Au moyen de ces remarques, il estaisé déntendre tout ce que Pline rap-porte dans différentes sortes d’éme-raude. On voit que les émeraudes de.Chypre pouvoient très bien être d’unverd de mer, & non d’un verd clair8c lavé, que ce verd de mer pouvoit
encore varier de nuance, qu’une éme-raude de Chypre pouvoit quelquefoistenir en partie de celle de Scythie ,que les couleurs de quelques-unes deces pierres pourroienc être sourdes 8combragées. On peut aisément com-prendre la raison de ce qui rendoitcertaines émeraudes obscures, ou com»me l’on disoit communément aveu-gles , ce qui les rendoit d’un verd opa-que , & non d’un verd lavé ou aqueux.Les nuages de certaines s’esjaìiquentôcon sent leur différence d’avec ce qu’onappelloit sombre d’une émeraude ;on voit pourquoi ce nuage étoit blanc,& pourquoi il étoit différemment pla-cé : on ne doit pas être plus arrêté parles défauts du corps même de la pierre,que par ceux de fa couleur , ainsi ceqn’on appelloit les filaments, le sel,la plumbagine , n’étoient probable-ment que des traits , des points, destaches qui pouvoient avoir la couleurdu sel ou du plomb ; ce dernier dé-faut étoit même une couleur que lapierre prenoit en total, lotsqu’on laregardoit au soleil, comme Pline l’ex-plique lui même. Une pierre pourraêtre d’un beau verd , & même ce verdsera vif, éclatant, quoique la pierrene soit pas nette & d’une couleur uni-forme dans toute son étendue , ce quiarrivoit à celles d’Ethiopie. U est inu-tile de faire remarquer que la couleurdes émeraudes 8c son intensité , va-rient beaucoup ; Faction des rayons dusoleil, doit agir différemment sur cespierres , les faire paroître plus oumoins vives, plus ou moins brillan-
les