HISTOIRE NATUREHE, LIV. XXXVII. Z47
parçequ’en frappanc de l'on éclac l’air qui l’environne, elle luicommunique une couleur verte. Elie ne perd jamais son lustre,ni au soleil , ni à l’ombre , ni à la chandelle ; elle brille conti-
dit dans deux endroits, de fa descrip-tion de l’Egyte, que cette région ,si féconde en tout le reste, est fortstérile sur les foflìles. Elle ne renfer-me, en effet, selon lui, ni or ni mi-néraux, ni pierres précieuses, ni au-cune autre de ces raretés qui méritentl’attention des savants & des curieux.Cette contrée ne produit , à la vérité,ni or ni argent, ni pierreries ; cepen-dant il n’y en a peut-être pas fur laterre, où ces productions de la nature,que le luxe Sc la cupidité des hommesont rendus si précieuses & si estima-:
blés, soient moins rares Sc plus com-munes ; abondance qui est procurée;par le commerce. Ces remarques deMaillet viennent à l’appui du senti-ment de Tavernier, & quoique lesGéographes déterminent un endroitoù il y avoir une mine d’émeraudes.,-,ils pouvoient bien être dans Terreursûr la nature de ces mines 3 avec Pli-ne, les ouvrages duq.uel ils n’ont peut-être que suivi dans la position des mi-nes d’émeraudes, quoiqu’ils n’y fus-sent pas fur la position d’une minequelconque, appellée mine d’émerau-des par les anciçns. Ainsi , le senti-ment des Géographes ne seroit pas,quant au fond, contraire à celui deTavernier. I_ a façon douteuse dontStrabon parle de ces émeraudes del’Egypte , seroit encore favorable àl’opinion de Tavernier. Çe n’est quesur le rapport d’autrui que Strabon endit::quelque chose. On rapporte en-core , dit - il , que l’émeraude & le
beril s’y trouvent dans les mines d’or.Ce n’est, à ce qu’il paraît, que fur desoui-dire que les Anciens même onttraité de l’émeraude d’Egypte , ilspourraient bien ainsi avoir été trom-pés, & croire que ces pierres que l’E-gypte pouvait tirer par. le commercecomme de nos jours , de pays étran-gers, venoient de son propre fond ,& ils nous auront peut être transmiscerte erreur que nous ayons crue jus-qu’á Tavernier, sans nous douter queç’en pouvoir être une. Le Pere Sicardcependant avoir eu des connoiflances.fur les mines d’émeraudes d Egypte,& ce Miffionaire Jésuite étoit bien enétat, parsen goût pour l’histoire na-turelle & la physique, de déterminerce point. II ne l’a pas fait cependant,les difficultés spuyent insurmontablesdans les voyages,, l’en ay^nt empêché.11 est donc encore trcs incertain s’il ya eu des mines d’émeraudes en Egypte.
Nous sommes encore moins éclai-rés fur les autres pays que Pline nous.cite pour fournir de ces pierres. Un:passage de la Description de l’Egypte,par M. Maillet, pourrait cependantnous faire penser que l’Ethiopie nerenferme pas réellement d’émeraudes..M- Mailler, parlant du commerce dece pays , dit que la Caravane de San-nat apporte tous les ans au Gaire, dedivers .endroits de l’Afrique, de lapoudre d’or, des dents d’éléphants,de l’ébene , du musc, de ta civette,de l’ambre gris, des plumes d’autru-che, diverses gommes , & une infinité;