2J2 NATURALIS HISTORIA L I B. XXXVII.
Scythicorum ^gyptiommque duritia tanta est, ut ne-queant vulnerari. Quorum vero corpus extensum est, ea-;
faut attendre la solution du problèmeétabli par Tavernier, Sc il suit de - làque nous n’avons pas eu tort d' éta-blir par ce que nous connoissons desémeraudes , que les variétés dont Pli-ne parle , peuvent réellement exister.Nous ne prétendons pas cependantadmettre celles qui n’ont pour fonde-ment que quelque fable, ou la préten-due découverte qui en a été faite parun ouvrier nommé Néron. Nous n a-vons point à disculper Pline de pareil-les idées, & si nous rappelions ici cestraits singuliers, ce n est que parce-qu’ils se trouvent dans plusieuts livresqui font entre les mains de tout lemonde, Sc qu’on pourròir exiger quel'on réfute ces idées. Elles se trouventdans S. Epiphanes. Ce Pere veut queles émeraudes aient porté le nom del’Empereur Néron , ou d’un Artiste ,qui portoit ce nom. Cet Artiste, pré-tend- il, a été le premier qui a ima-giné de mettre en usage l’émeraude ,ainsi l’on immortalisa son nom , en ledonnant à l’émeraude. Ou bien cettepierre n’eft ainsi appellée que parce-que l’Empereur Néron ayant versé del’huile dans plusieurs vases ( où il yavoit fans doute des émeraudes ) il entira une couleur verte. Cette huiledonna la couleur à tine malle de pierreque l’on en avoit arrosée.D’atitres Au-teurs , suivant toujours le même Au-teur, attribuent cette expérience à Do-mitien , d’où les émeraudes ont étéaussi appellées pierres domitiennes.
ne peut imaginer ce qui peutavoir donné naisiance à une pareille
fable, elle est de la nature fans doutede l’observation qu’on lit encore dansS. Epiphane Sc dans Alcasar, commesC testu s le rapporte, savoir que l’éme-raude est d’un goût acerbe Sc amer.Quoique Fémeraude soit plus tendreque quelques autres pierres précieu-ses , Sc quelle ne soit que du cin-quième degré de dureté , on ne peutcependant croire qu’on en puiíTe trou-ver d’assez tendre pour pouvoir s 1 im-biber aisément d’une huile colorée, oulaisser une impression sensible sur lalangue , ce qui ne paroi t se faire qu’enperdant quelques unes de ces partiesqui s’y distolveroient par la salive. Jesais, il est vrai, que Bruckman rap-porte d’après Henckel, que les éme-raudes , les rubis , les saphirs & lesperles de Borrichius, jettent une odeurde violette. Je fais encore que le me-me Bruckman, qui cite Recchus , ditqu’une forte d’émeraude est d’uneodeur désagréable Sc fétide Ce n est,sans doute , que par le frottement,que ces pierres exhalent ces odeurs,
Sc l’on connoît l’odeur que plusieurspierres jettent étant ainsi frottées ; ilne se toi t pas ainsi incroyable qu’ily eût des émeraudes qui fustenc odo-rantes après cette opération j mais jene puis croire qu’il y en ait qui se dis-solvent en partie dans la bouche,comme cela se devroit faire pour lasensation du goût, à moins qu on nevoulut dire que la chaleur de la bou-che compensât celle qui est occasion-née par le frottement. Cela pourroitêtre , mais i’infusion d’huile colorée,
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