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Tome douzieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I Y. XXXVII. z J f

celles de Scythie & d’Egypte font si dures, qu’îl n’est pas possible deîes entamer. Les émeraudes plates représentent les objets droits, Sc

<jui change une pierre en émeraude,me paroît de toute impossibilité, puis-qu’il ne s’agit sur tout que d’en mouil-ler cette pierre fans la faire passer aufeu. Ce conte n’a peut-être pour prin-cipe que le peu qui est dit dans Plined’un Gladiateur qui fe battoir armédune émeraude. Néron , ce Princedes Gladiateurs, dit Pline, paroit lescoups avec uné émeraude , cela nedoit s'entendre , à n’en pas douter ,que parcequ’il avoir à quelqu’un deses doigts une grande émeraude quidevoir blesser l’adverfaire, qui por-tant le coup fur cette pierre, en de-voit être d’autant plus offensée que lecoup étoit mieux assené , & l’adreíïedans Néron consistoit apparemment àparer , de façon que l’armure dont lamain de son adversaire étoit en partiecouverte, ne frappât pas fur l’émerau-de , mais qu’il n y eut que la partiedécouverte , c’est-à-dire , les doigts.II est inutile , fans doute, de rappellerici la façon dont le gantelet étoit fait,l’on réassure pas qu’il ne couvroit quela main & le poignet & laissoit lesdoigts libres Lc à nud. L’on aura ap-paremment appliqué à TEmpereurNéron , ce qui est dit ici du Gladia-teur de Néron , & l’on aura changél’histoire en un conte que l’on aurapris plaisir à embelilr , à moins qu’onaimât mieux dire que Néron s’amu-fo.it à colorer des pierres , & que s’e-xerçant à en colorer en verd , on aitdit qu’il faifoit réellement des éme-raudes.

Passons à la partie de l'histoire desémeraudes tirée des Modernes j cettzê

partie fera moins conjecturale , quoi»quelle ne soit pas encore exempte deces doutes qui ne font ordinaire-ment que la fuite d’une curiosité quine fait pas s’arrêter lorfqu’elle le doit.Un de ces doutes consiste à savoir ceque l’émeraude est essentiellement 8Ccomment on doit la définir, Les An-ciens frappés seulement de l’extérieur,6c peut-être plus sages que les Mo-dernes , disoient que l’émeraude étoitune pierre précieuse , dure , & d’unverd brillant, ôc qui avoir de l’éclar.Les Modernes non contents d’unetelle définition , ont cherché par dissférentes voies à connoître la naturemême de cette pierre , & à tirer decette connoissance une définition quileur a paru plus juste & plus essen-tielle. Si l’on en croit, par exemple „M. Linnteus , l’émeraude de mêmeque presque toutes les pierres pré-cieuses, n’est qu’un nitre d’une grandedureté , de la nature du quartz , &qui s’est coloré en verd. Walleriusplusrapproché des Anciens , fe contented’ajouter à la définition que ceux-cien avoient donnée, le degré de duretéde cette pierre ; il prétend qu’elle estdu cinquième. Au lieu de faire quel»qu’addicion à cette définition , Wol-terfdorff la simplifie ôc la caractérisepar fi couleur verte , mais il fait en-trer dans le caractère générique, lafigure prismatique hexagone, pointuedes deux côtés, comme celle que cettepierre a le plus communément, &demande encore , qu’avee fa trans-parence ,1a limen’ait pas de prise sacelle.