HISTOIRE NATURELLE, L I Y. X X X Y I I. L/A
de défauts ; & autant que les émeraudes en général surpassent lesautres pierreries, autant les émeraudes deScythie surpassent cellesdes autres pays. Celles de la Bactriane, qui est voisine de la Scy-thie, viennent ensuite. On dit qu’on les ramasse dans les fentesdes rochers, lorsque les vents de Nord-Est soufflent ; parceque ,comme ces vents agitent beaucoup les sables, ils font cause qu’onvoit reluire par terre les émeraudes. Mais elles font, à ce qu’onprétend , beaucoup moins grosses que les Scythiques. Les éme-raudes d’Egypte possedent le troisième rang : on les tire des col-lines & rochers qui sont voisins de Coptos , ville de la Thébaïde.Les autres sortes d’émeraudes se trouvent dans les mines de cui-
» a parcouru toute l’Asie pour la re-» cherche des pierres précieuses. Voici» ses propres paroles :
» Pour ce qui est de l’émeraude,„ c’est une erreur ancienne de bien» des gens de croire qu’elle se trouve» originairement dans l’Orient ; &» même encore aujourd’hui la plu-»» part des Joailliers, en voyant une» émeraude de couleur haute, tirant,» fur le noir, ont coutume de dire» que c’est une émeraude Orientale :» en quoi ils se trompent. J’avoue-> que je n’ai pu jusqu’ici découvrir» les lieux d’où l’on tire ces sortes de»> pierres, mais je fuis assuré que ja-» mais l’Orient n’en a produit, ni» dans la terre ferme, ni dans ses» istes, & qu’en ayant fait une exacteU perquisition dans tous mes voya-» ges, personne ne m’a su marquer» aucun lieu de l’Asie où elles se-, trouvent. U est vrai que depuis la» découverte de l’Amérique on en a» souvent apporté, par la mer duSud,
,, du Pérou aux istes Philippines ,n d’où ensuite on les a fait passer en„ Europe ; mais cela ne íuffit pas
» pour les nommer Orientales, ni„ pour soutenir que d’origine elles» viennent d’Orient ».
» Une autre observation en faveur» de cette opinion, est que dans tous» lesTrésors, comme ceux de Lorette,» de S. Denis, & c., on trouve tou-„ res les pierres précieuses, excepté» l’émeraude, parmi les présents qui» ont été faits à ces anciens dépôtsU par les Princes & autres personnes« pieuses avant la découverte du» Nouveau Monde, ce qui seul pour-» roit íervir de preuve à ce que j’a-n vance ici.
11 résulte de tout ceci que les An-,, ciens n’ont point connu la vérita-» ble émeraude, & qu’il paroît qu elle» ne l’a été que depuis la découverte» du Nouveau Monde. Pour ajourer» à cette opinion le plus grand poids» possible , je dirai que c est aulli» celle de M. d’Augny qui a approuvé»»• mes idées ».
(z*) Les Anciens n’ont point connula véritable émeraude moderne quivient• d’Amérique , comme j’en aiprévenu dans la note 5 du chap. t.
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