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Tome douzieme.
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HISTOIRE NATU R E L L L, LI V. XXX V I I. 2.67

maintenant en -Egypte une statue colossale de Sërapis, qui étoitfaite dune feule émeraude , &: qui avoit neuf coudées de haut.Plusieurs croient que le béryl (7) est de la même nature que

une raison astez forte pour nous fairerejecter le sentiment de Pline. Toutle monde sait que les pierres précieu-ses varient beaucoup par les couleurs,6e que la couleur primitive d’unepierre se nuance beaucoup avec cellesde plusieurs autres de cette clade. IIy a des diamants verds, des rouges,des noirs, quoique le propre du dia-mant soit d’être d’une eau claire &sans couleur ; il y a des saphirs blancs ,quoique la couleur du saphir soit d’ê-tre bleue. Ainsi il peut se trouver desbéryls de toutes les couleurs dont ilest parlé dans Pline. On peut mêmedire que nous en avons découvert,sinon de toutes les sortes, du moinsde plusieurs. Bruckman rapporte quela Silésie en fournit, non seulementde, couleur d’eau de mer ou d’éme-raude, mais d’un jaune pâle & deblanchâtres, qui approchent beaucoupducrystal de roche, ou d’une eaumu-riatique.

Que faut-il, en effet, pour que l’onait des béryls de tontes les couleursdont il est parlé dans Pline & dansBruckman ? il suffit qu’ii arrive quel-que' changement dans le fond de lacouleur. Si cette couleur, qui est d’unbeau verd de mer, est d’un verd trèslavé, que la pierre n’aic reçu qu’unepetite teinte ; alors là pierre fera pres-que semblable au crystal : que la teintesoit un peu plus forte que celle-ci, onaura un verd-qui approchera de l’es-pece de verd que l’on remarque à lau-dans certains tems. Si à la matière qui

forme le verd, il s'en est joint uneautre qui teigne très légèrement lapierre en jaune, ou si la matière duverd a été autrement combinée qu’ellëne l’est ordináirement, on aura alorsces béryls qui tirent un peu fur la cou-leur d’or, & qui font appellés chryso-béryls. Si le jaune n est pas de cettebeauté, qu’il soit un peu plus pâle, ilen résultera des chrysoprases j & si,au contraire, le jaune est plus foncé,l’on aura les béryls de couleur de’cireou’ d’huile, selon que cette nuancesera plus ou moins forte ; & 6 elle l’estbeaucoup, les béryls pourront paroî'-tre d’un rouge d’hyacinthê, que Tonfait être souvent un peu jaunâtre,i II pourra peut-être paroître très sin-gulier que je faste ainsi jouer Ia ma-dere qui teint le béryl, & que je pré-tende que cette feule matière puissedonner toutes les nuances ; il s’ensni-vroit que cette madere pourroit être,non seulement la mêrrié pour les bé-ryls , mais pour toutes les autres pier-res précieuses ; certe conséquence neme paroîtroit pas si fausse qu’on ne puetrès bien l’admettrè. J’ai rapporté, àl’article des émeraudes , unè expé-rience qui peut en être une preuve.Mais, en se restreignant à ce qui re-garde le béryl, on peut, quand on fait.bien attention-aux différentes cou-leurs qu’on lui attribue, remarquerque ces couleurs tiennent un "peu1 une d’esature , oí qu elles semblentse degradet dans une certaine propor-tion. Si pur que le béryl soir, il a tou-

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