HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVII. 2.69
l’émeraude, ou du moins en approche beaucoup. L’Inde produitles béryls, & on en trouve rarement ailleurs. Les Lapidaires lestaillent tous en figure, hexagone 5 car leur couleur , qui est natu-
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trouvées en Europe , pareequ ellesétoient très tendres, & qu’il n’y avoirque celles qui étoient d’une excessivegrandeur que l’on recherehoit. Boot,Sc , après lui, Aldrovande , compa-rent seulement a u crystal celles d’Al-lemagne Sc de Bohême, Bruckmanfait plus de cas de celles de Silésie \ ilveut qu’il y en ait de plus belles dansce pays.
Au reste , on fait , en général, peud’estime de cette pierre. 13 e Laët n apas daigné, par cette raison , en par-ler un peu au long. Wallerius remar-que qu’on commerce peu de béryls ; iln’en fixe point ainsi le prix, comme ille fait pour les autres pierres précieu-ses. Boot, de même que ces Auteurs,n’en parle qu’avec une certaine rete-nue. 11 les apprécie néanmoins com-me les topazes d’Orient, appellées au.trefois, selon lui, chryjolìtes, Sc ilfait varier leur prix , suivant la beautéde leur eau. Le verd de cette pierreest cependant très agréable, selon deLaët j mais comme il 11’est pas à com-parer au beau verd. de l’émeraude ,l’éclat de cette pierre peut avoir faittomber de prix le béryl : de plus, l’é-meraude est de la cinquième dureté ;au lieu que le béryl n’est que de la di-xième : c’est même, suivant Walle-rius, la derniere de toutes les pierresprécieuses pour la dureté pelle entreen fusion dans le feu.
Ce n’est donc pas maintenant une•grande richesse pour les pays où cettepierre se trouve. Pline ne parle que
de celles des Indes & de Pont. Isidoreprétend que le nom de béryl que cettepierre porte est précisément celui del’endroit des Indes d’où elle se tiroiranciennement. Strabon rapporte qu’ilse trouve des béryls &des émeraudesdans les mines d’or de l’Arabie. Denysl’Africain veut qu’il vienne des bérylsdans des carrières d’ophite de Phéni-cie , comme le rapportent Agricola,Charleton Sc Volateranus. Ortelius ,selon Aldrovande , en marque auxenvirons de Babylone. II en vientaussi, suivant le même Aldrovande,au pied du mont Taurus, & l'on enramasse fur les bords de l’Eupbrate.Facellus , continue Aldrovande, ditqu’on en tire en quantité en Sicile ,dans les environs d’une ville nomméeGrattere. Léandre l’Historien assure,dans fa description de l’iíle d’Elbe,que-cette isse en fournit beaucoup. Sil’algue marine est le béryl des An-ciens, comme on ne peut guere endouter, il vient aussi des béryls derifle de Madagascar. M. d’Argenvilledit du moins que cette iíle donne desaiguë-marines, Sc peut-être qu’il neledit que d’après Flacourt, qui metces pierres au nombre de celles queMadagascar fournir.
11 suffit d’avoir rapporté que l’aigue-marine,ou le béryl, se forme dansdes mines d’or, ou dans celle d’ophite,pour faire voir combien il est absurdede croire quelle prend naissance danslefond de la mer, ou que fa couleur,au moins, ne vient que de ce que