2.8/j- NATURALIS HISTORIA LIB. XXXVIL
De generibus carbunculorum, SC vitiis > SC experimentis r
& gemmis ardentibus.
Caput
6 .
Principatum habent carbunculi, à similitudineignium appellati, cum ipsi non sentiant ignes, ob id à qui-
( i ) Note de M. Guettard. « Aunom seul d’escarboucle on se formed’abord l’idée d’une pierre qui jetteune lumière auífi vive que le feu le plusnet Sc le plus brillant. Gertaines per-sonnes même laissent, aller leur ima-gination jusqu’à se persuader que cettepierre l’emporte sur la vivacité du feupar son éclat. Avant toutes choses, ilest bon d’examiner d où peut venircette opinion, & quelle en est la sour-ce. Théopraste a dit, & Pline l a ré-pété après lui, que l’escarboucle res-sembloit à un charbon ardent lors-qu’on- i’exposoit au soleil. Pline ditde plus,. que ceux qui font à la re-cherche de cette pie ire, la distinguentaisément , parcequ’elle réfléchit lesrayons du soleil & de la lune, ce qui ladécele, st l’on peut parler ainsi. 11 peuty avoir de l’exagération dans ces traits.La comparaison que Théophraste faitde l’escarboucie avec un charbon ar-dent, peut être trop forte, Sc ce quePline dit de la réflexion des rayonssolaires & lunaires, par cette pier-re , n'est pas inadmissible , en mét-rant toutefois quelque modération àces façons de s’exprimer. Théo-phraste a voulu dire simplement quecette pierre étoic des plus brillan-tes , Sc qu’elle l’emportoit , parcette propriété, au-deflus de toutesìes. autres. II a est. pas extraordinaire
qu’une pierre transparente par elle—même réfléchisse la lumière. Le crys-tal de roche, placé aux mêmes rayonsles réfléchit, les grains de sables dans
certaines filiations , le font aussi, Scqu’est'Ce qui ira pas vu l’effet singu-lier & magnifique qu’occasionnent lesrayons d’un soleil couchant réfléchispar les vitres d’une fenêtre, ou ceuxde la lune, quoique cet effet n’en.soit pas aussi beau ; ces fenêtres y pa-raissent en effet tout en feu. 11 peutdonc uès bien se faire que ce quePline dit de la lumière réfléchie panl’escarboucle, ne soir pas faux, maisqu’il soit même peu exagéré, & l’onne pourroit peut-être gueres le re-prendre qu’en ce qu’il dit qu’il y a desescarboucíes qui fondent la cire , mê-me dans l’obícurité : mais comme ilne le rapporte que daprès ceux qu’il asoin,de citer,ii iemble.douter.de cetteobservation..
Les Auteurs qui ont écrit depuisPline, bien loin de se contenir dansdes bornes.fi sages, ont dit les chosesles plus outrées fur la lumière Si l’é-clat de cette pierre.. Rien ne peut enarrêter, la vivacité, cette lumière bril-le à travers les corps opaques. Quel-ques uns vont jusqu’à croire ou à ima-giner des hyperboles fabuleuses. L’es-carboucle sert aux serpents à se con-