HISTOIRE NATURELLE, L IV. XXXVII. Z§5
Des diverses sortes de rubis : leurs défauts : maniéré de leséprouver : des pierres ardentes ou de couleur de feu.
Les principales de ces pierreries, sont les rubis ou escarbou-des (i), dont le nom. Latin & Grec, qui signifie charbon, mar-
duire lorsqu’ils ont la vue afFoiblie.Pline a dit que l’escarboucle a plus defeu lorsqu’on l’expose à la lumière,que lorsqu il est dans un endroit cou-vert : qu il brille davantage si on letient élevé, qu’il jette des traits defeu, qu’il scintille exposé aux rayonsdu soleil, & qu’il devient d’une cou-leur pourpre lorsqu’il est dans un en-droit moins éclairé. Ces affections dePline ne font que des conséquencesjustes les unes.des autres : s’il est unefois prouvé que cette pierre réfléchitles rayons du soleil avec vivacité, sonéclat doit sans doute être beaucoupplus grand., lorsqu’on la présente augrand jour, que lorsqu’on la tient àsombre ou qu’on la cache dans l’obs-curité. Tous ces esters dépendent deplus ou du moins de rayons ou de lu-mière que cette pierre réfléchit, &conséquemment cette pierre devien-droit obscure, ou brillëroit bien peuli elle étoit dans les ténèbres, ou sielle étoit couverte de quelque corpsopaque. II n’en a pas été ainsi pourquelques Auteurs. Caesius a recueilliplusieurs passages de différents Au-teurs qui prétendent que l’escarbou-cle. relui t dans l’obscurite, & la lumiè-re qu’il jette est damant plus vive.,que l’escarboucle est parfait, & quecelui qui y seroit éteint, ne devraitpas être regardé comme un vrai escar-houcle, mais il n’y en a aucun qui ait.
été jusqu’à dire, comme l'a dit S. Epi-phanes, que la lumière de cette pier-re n’étoit point obscurcie par les vê-tements dont on pouvoir se couvrir-lorsqu’on la portoit sur soi, & q.u’011-la voyoit reluire au travers de ses ha-bits» On ne doit donc plus être éton-né de lire que le Roi de Pégn portedes escarboucles qui font d’une gran-deur ôc d’une clarté telles que si l’oiiívoit ce Roi dans l’obscurité, il paraît,auíïì brillant que le soleil. Ce mer-veilleux n’a pas été encore assez grandpour quelques autres Auteurs. Unepierre auffi singulière devoir avoirquelquusage extraordinaire. Des Au-teurs ont soutenu, suivant J. B. Pan—thot., que l’escarboucle avoir été don-né aux dragons pour suppléer aux dé-fauts de leurs yeux affaiblis par l’ex—trême vieillesse où ils font parvenus,& pour les conduire la nuit dans lescampagnes , aux ruistéaux & auxfontaines. On suppose quelle esttoujours portée entre, les dents dudragon, & qu’il ne la quitte jamaisque dans le temps qu’il veut mangerou boire.. Le Roi de Siam possededans son trésor un escarboucle, donctoute la salle où est ce trésor est éclai-rée, .& qui fut trouvé à la suite, d’unénorme serpent, qui l’avoit jette patterre, selon, un Voyageur, cité parBruckman. ( Ep. itin. #9. Cent. I.p. 5 .)Ces merveilles, n’en. ont point été.