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Tome douzieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXXV II. 2.87

que la ressemblance qu’ils ont avec le feu; Sc néanmoins ils n’enfentenc point l’impression : de-là vient que quelques Auteurs lesappellent acauftï 3 c’est-à-dire qui ne peuvent être brûlés. Quantà leurs efpeces, il y a les rubis des Indes, & les rubis du pays desGaramantes : ces derniers font aussi appelles Carchédoniens ou

qui parlent de cette lumière, exceptéAlbert-íe- Grand, dit en avoir vu.C’est toujours d’après le récit d’aurresqu’ils rapportent ce qu ils en ont écrit,& dans le tems où Albert le - Grandviyoit, on ne voyoit dans ces sortesde matières qu avec des yeux peuéclairés, Sc tout ce qu’Albert le Granddit des vertus de chaque pierre enparticulier, en est une preuve plusque suffisante.

Si l’on vouloir cependant trouverun milieu raisonnable, po.ur concilierces différents sentiments, Sc discul-per en quelque sorte ces erreurs de'esprit humain, on pourroit dire qu’el-es peuvent avoir pour origine un faitvrai & bien'constaté fur la lumièrequ’ont non seulement les escarbou-cles, mais toutes les autres pierresprécieuses, Sc quantité d’autres corps,même dans l’obscurité, lorsqu’on lesfrotte, ou qu’après les avoir chauffés& présentés au grand jour, on les trans-porte dans l’obscurité. On peut avoirobservé quelque chose de semblable.Cette observation, connue peut avoirété transformée dans toutes les fables& les contes que nous avons rap-portés.

Quelqu’absardes qu’ils puissent pa-roître, ils ne le font pas beaucoupplus que ce qu’on a débité fur la vertude l’escarboucle. C’est peu de chosepour certains Auteurs, qu’il resiste ,

selon eux, aux venins, préserve dela peste, chaste les mauvaises pensées,détourne les songes fâcheux, en pro-cure d’agréables, mais il annonce Scprédit les infortunes qui peuvent ar-river , en perdant fa couleur, il peutmême faire remporter la victoire furson ennemi, lorsqu’on a eu soin des’en munir d’un. C’est réfuter de sem-blables rêveries que de,les rapporter,malgré les exemples qu’on peut citer§L qu’on prétend constater Sc établirtoutes ces vertus imaginaires.

Elles le seroient encore beaucoupplus si la pierre l’étoit elle-même. Plusd’un Ecrivain du moinsa pensé que nousne con notifions pas l’escarboucle dontil est parlé dans les Anciens. D’autres,Sc c’est le plus grand nombre main-tenant , c’est même le sentiment com-mun , soutiennent que notre beaurubis est Tescarboucle des anciens,que ces mêmes anciens donnoient lenom d’efcarboucle à toutes les pierresprécieuses qui étoient rouges, de mê-me qu’au rapport de Tavernier, lesIndiens du Pégu appellent rubis tou-tes les autres pierres de couleur. Ainsi,dans le langage de ce pays, le saphytest un rubis bleu, l’améthiste un rubisviolet, la topaze un rubis jaune, &ainsi des autres. Toutes ces différen-tes efpeces de pierres que Pline rangeavec les escarboucles, ne font doncque des rubis ordinaires , des rubis