HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVii. 189
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Carthaginois, à cause de la richeíTe de la ville de Carthage (z).On y joint les rubis d’Ethiopie, Sc ceux qui fe nomment alaban-diques 3 que l’on tire des rochers près d’Orthosie (3), & que l'on
le rubis - spinel, elle tire plus fur legrenat, dont la couleur n’a pas le vifSc le brillant des rubis, mais qui estmat & obscur en comparaison' dufeu de ces pierres. Le Spipon des An-ciens n’étoit pas apparemment auflivif que befcarboucle ordinaire, puis-qu’il falloir avoir recours à un peud’art pour lui donner plus de jeu. No-tre rubis - spinel n’a pas aullî l’éclatdu vrai rubis, son feu est plus foncé,Sc moins vif.
C’est au moyen de semblables rap-ports, qu’on imagine que notre grenatest l’efcarboucle ancienne qui venoitdu pays des Garamantes , & qu’on ap-pel loit Charchedon . Ces escarbouclescroient d’un rouge noirâtre : commu-nément nos grenats font de cette cou-leur. 11 est vrai que c’ést de ces escar-boucles que Pline rapporte qu’elles jet-tent plus de feu que les autres lors-qu’on les expose au soleil, qu’on lesprésente en les inclinant avec art, c’estencore d’elles qu’il dit qu’elles de-viennent pourpres lorsqu’on les tientdans un lieu couvert, Sc qu’elles fon-cent même la cite dans un lieu sem-blable. Quoiqu’en général le rouge dugrenat soit d’un brillant moins vifque celui du rubis , il y a cependantle vermeil qui est d’une grande beau-té , comme dit Rosnel, étant fur- toutcreusé en dessous, Lorsque le vermeil
est grand , il est même placé au nom-bre des pierres les plus précieuses.Berghen rapporte, qu’un particuliernommé Horringe, en acheta un cinqcents écus à Constantinople. Ces deuxAuteurs , Berghen & de Rosnel, veu-lent même que l’escarboucle des An-ciens ne soit autre chose qu’un beauSc gros grenat cabauchon, d’un rougebrun , tirant fur le sang de bœuf, sui-vant le premier, ou d’une couleur defeu, selon le second. Ainsi , les escar-boucles du pays des Garamantes peu-vent très bien être quelque efpece degrenat, comme le veut Laët.
L’escarboucle qui tire sur l’amé-thyste, selon Pline, & que cet Auteurregarde comme la plus estimée, peuttrès bien être le grenat que nous appel-ions grenat Syrien.. Elle est d’une cou-leur violette, mêlée de pourpré, fortagréable à la vue. On l’avoit appelléedu rems de Rosnel améthyste orien-tale , quoiqu’elle n’ait , suivant laremarque de cet Auteut , ni lepoids , ni le poli de cette pierre.L’escarboucle appellée dans Pline Si-tita, &c celle qui y porte le nom deIonis , ne font probablement que desvariétés du précédent. Pline dit queces trois escarboucles ont beaucoupd’analogie enrr’elles, il ne donne mê-me aucun caractère par lequel onpiiiísb distinguer Ylonis, Sc la marque
(z) La ville de Carthage se nom- ()) Ville sur la côte de Syrie, au-moit en Grec Carchidon . jourd’hui Tortose.
Tome XII.
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