HISTOIRE NATURELLE, L 1 V. XXXVII. 2.9Z
rubis mâles ; car les uns ont un feu plus clair, les autres l’oncplus obscur, & quelques-uns empruntent du soleil leur plus grandéclat, & y brillent plus que les autres. Mais on regarde comme
couleur noirâtre, Sc comme enfumée,trompe, par le sens irrégulier qu’ildonnoitau paílage de Pline , où il estdit qu’il y avoir des personnes quipréféroient celles de ces pierres quicroient apportées de l’Arabie , à cellesqui venoient des Indes , & que cespersonnes les comparoient à la chry-solire qui est d’une couleur peu fon-cée , tempérée par un petit nuagesemblable à úne fumée légere Sc min-ce , ce qui ne venoit , sans doute ,continue de Laët, que pareeque lesétoiles dotées du sandajlron érotent
plus vives que celles de la chrysolite.De Laët est confirmé dans son senti-ment par celui de Saumaise, qui dansses notes fur Soli», dit que les étoilesde couleur d’or du sandajlmn n’em-pêchent pas que la pierre ne soit trans-parente , qu’elles n’y apportent auplus que quelque petite modification,Sc qu’elles ne font que la tempérer.Par ces corrections, Pline devient plusclair, mais nous n’en connoillons pasdavantage la pierre j auflì n’est-ce point,danscessortesde matières, l’érudirionqui décide : une pierre qui setoit ap-portée de l’endroit d’ou l’on tiroircelle qui a donné lieu à tous ces éclair -cilsements, jetteroir tout le jour pos-sible dans cette question ; mais con-noiíTons - nous l’endroit même d’oùcette pierre tiroir son nom. Conren-tons-nous donc jusqu'à présent de ceque Pline nous dit de cette pierre ? At-tendons du rems à décider si les tachesétoilées de cette Pierre font réelle-ment la figure d’étoiles » ou si , de
même que ces astres , elles scintillentseulement comme de Laët le veut, &ce qui paroît le plus probable ? 11 se-ro it curieux , il est vrai-, de bien con-noître une pierre aussi belle , & quiavoir mérité, à cause de sa beauté,d’entrer chez les Chaldéens dans lescérémonies de leur Religion. Ces peu-ples approchoient en cela de quelquespeuples idolâtres de l’Amérique quiadoroient,comme une divinité, l’es-carboucle, Sc qui lui adr.eíToient desprières, comme on le lit dans Bruck-man.
11 est encore impossible de déter-miner , si toutes les autres escarbou-cles désignées par Pline , font des ef-peces bien différentes les unes desautres , ou si ce ne font simplementque de pures variétés de celle qui estparfaite. Cette derniere idée me pa-roîtroit plus vraisemblable ; ce n’estque par des degrés d’une plus grande,ou d’une moindre vivacité dans lacouleur que Pline la caractérise. L’es-carboucle des Indes est d’une mauvaisecouleur, celle d’Ethiopie estgrasse, nejette point de lumière, ou plutôt sonfeu est couvert , on est simplementplus languissant que le feu des efear-boucles des Indes. Celles de Thrace ,d’Orchomene , de Chio , font noirâ-tres , celle qui étoir appellée anthraxou charbon , Sc qui se tiroit a Thres-potie, est noire. Ces différences dansla couleur , ne font que de pures va-riétés qui peuvent se trouver dans lesdifférentes efpeces d’efcarboucles, s’ily en a réellement de plusieurs. Ainsi