HISTOIRE NATURELLE, L I Y. XX XVII. 2.95
les meilleurs ceux qui tiennent de l’améthyste, c’est-à-dire dontl’extrémité de leur feu tire fur le violet. Après ceux-là, on estimeceux qu’on appelle Jìûtes 3 lesquels brillent d’un éclat qui leur est
qu’une transparence médiocre , quiseroit blanche, pourroit être un rubisII est rare de trouver cette pierre d’uneeau bien nette , il est même plusdifficile d’avoir un très beau rubis ,que de rencontrer un diamant parfait.Le prix du rubis, fans défaut, est au-destus du prix d’un diamant pareil,même, en grandeur; l’eau, & parconséquent la transparence du rubis,a presque toujours quelque chose delouche , pour un Connoisteur délicâtSc difficile à contenter. La grandetransparence n’est donc pas un carac-tère qui puisse bien spécifier cettepierre : la couleur rouge est égalementinsuffisante.
On remarque , dit de Rosnel, quele rubis oriental se nourrit, Sc qu’ilprend sa naissance peu-à peu dans laminière ; que premièrement il blanchit en se mûrissant , qu’il contracteavec le tems fa rougeur; d’où vientqu’il s’en trouve d’aucuns tout-à-fait blancs , d’autres moitié blancsSc moitié rouges, comme qui diroit,moitié saphirs , moitié rubis , & queceux de cette qualité font fort recher-ches des Indiens , qui les appellent dunom de nilacandi , qui vaut autantque de dire saphir-rubis. Auíîi ob-serve t on , que tout rubis dans famine , Sc particulièrement l’orientalest blanchâtre, Sc que st on le tiroirtrop jeune de son berceau , avant qued'être confit Sc assaisonné par le soleil,il demeurerait toujours pâle , Sc nemûrirait jamais.
Le peu d’action qu’a le feu fur unrubis, lorsque ce feu n’a qu’une cer-taine violence , n’est auífi qu’unemarque très furtive : car, outre qu’ilne s’agiroit que de pousser le feu àune derniere violence , pour le faireagir fur cette pierre , c’est qu’au feude lampe , qui est trop violent à lavérité, Sc même un feu beaucoup au-dessous de celui-ci , fera impressionfur le rubis, qu’il dénaturera la cou-leur , Sc occasionnera des glaces, ceque le feu de lampe ne peut faire furle vermeil , comme on l’a déja dit.11 semblerait donc qu’il n’y aurait quela dureté qui pourroit bien caracté-riser cette pierre , de même que tou-tes les autres pierres précieuses, & ilfaudrait alors fixer ces degrés , enavoir un qui fut comme l’éralon furlequel on mesurerait tous les au-tres.
Ce font , fans doute ces raisons,ou de semblables, qui, bien méditées,ontxléterminé M. Linnœus à rejerrercette définition générale du rubis , Scn’en pas donner d’autre que celle dudiamant, que nous avons rapportée àl’article de cette pierre. Cette défini-tion renfermant cependant la trans-parence , comme un caractère essen-tiel , est auífi incomplete ; ainsi ilfaut encore que-l’exactitude physiquese plie ici Sc íe contente de celle quisuffit au commun des hommes , ou ilfaudra se borner à la dureté feule , &fixer les deux extrêmes par rapport àcette pierre, dont les duretés inter>