HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXXVII. 2.99
ordinairement sales, &: que leur éclat a toujours quelque chosede désagréable ; que ceux d’Ethiopie sont gras, &c ne jettent oun’envoient point d’ëclac, mais ont un feu ramassé en foi-même.
graver. Tavernier n’en donne pas lesdimensions, ni le poids , mais on enpeur juger par ce qu’il dit du poids durubis qui appartient an Roi de Perse.Ce rubis qui a répaifleur & la formed’un œuf, pesoit 1 91 taris ou grains ;ainsi le rubis du Roi de France doitêtre au dessus de ce poids , par con-séquent beaucoup plus gros j ainsi ilpeut être auffi gros qu’un œuf de pi-geon. Tavernier paroîc donc repren-dre mal-à-propos Jean le Blanc, qui,selon lui , rapporte avoir vu dans lePalais du Roi de Pégu, des rubis groscomme des œufs. Tavernier a , fansdoute, cité de mémoire le voyage deVincent le Blanc , 6c il a attribué autubis ce que Vincent le Blanc dic d’uneperle j encore ce Voyageur ne dit ilpas que ce fut dans le trésor du Roide Pégu, qu’il la vit, mais qu’elle futpêchée au Pérou, & conservée pour leRoi. Là où il s’agit des rubis du Roide Pégu , le Blanc dit seulement queles couronnes des statues d’or , d’ar-gent , de ganzé , matière mêlée deplomb & de cuivre , font ornées desaphirs &de rubis des plus gros qu’onpuisse voir. II ne fixe pas davantage lagrofleur des rubis de Ceylan ; il ditseulement que , quoiqu’ils ne soientpas des plus excellents , ils font ce-pendant fins, 6«. qu’ils peuvent paster
{ >ar-tour. Indépendamment donc dea conséquence qu’on peut tirer contrele sentiment de Tavernier, de ce qu’ildit lui-même du rubis du Roi de Fran-ce , on ne doit pas être arrêté par la
réfutation qu’il fait du prétendu sen-timent de le Blanc, puisque cette ré-futation porte à faux. II peut donc yavoir , & il y a en effet , non -seule-ment des rubis balais, comme est ce-lui du Roi de France , mais de grosrubis qui ont la grosseur d’un œuf depigeon , & même d’un petit œuf depoule. Boot a écrit que l’EmpereutRodolphe en avoir un pareil, qu’ill’avoit hérité de la Reine Elisabeth,veuve de Charles IX, Roi de Fiance ,qui l’avoit acheté soixante mille du-cats. Berghen qui fait auffi mentionde ce rubis, ajoute, d’après Vigenere,que Josaphat Barbarro , Gentilhom-me Vénitien , avoir vu chez le Roi dePerse un rubis balais en table , d’unefort belle forme, gros d’un bon doigt,du poids de deux onces Sc demie , Scd’une couleur fans pareille, Sc queBarbarro estima au Roi de Perse unprix extraordinaire. On lit encoredans Berghen , que la couronne dontíe Pape Etienne V, qui vint en Franceen 817 , couronna à Reims Louis leDébonnaire, avoir un rubis en formede lozange, qui pesoit six gros & de-mi quatre grains , qui reviennent akarats ôí demi. Ce rubis etoitpossédé du tems de Berghen , par M.Dorât, Conseiller au Parlement deParis. II en avoir encore deux autresqui n’étoient pas moins précieux ; l’ Ustqui étoic d’une forme ronde demi-latte par le défions & percé par leas, pesoit une once cinq gros quatregrains, ou 244 karats Sc 3 quarts. Ce
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