Band 
Tome douzieme.
Seite
303
JPEG-Download
 

HISTOIRE naturelle, li y. XXXVII. zoz

que quand on tient le rubis suspendu en í’air, il doit être rougecomme du feu ; & que c’est à cause de la premiere circonstance,que la plupart des Auteurs donnent à ce rubis ie nom de blanc.

pendant briller. 11 faut, à n'en pasdouter, mettre ee conte avec tons lesautres qu’on a débités fur cette ma-tière , & y joindre celui que l’on afait sor quelques autres rubis ; tantl’amour du merveilleux est de touttems & de tout pays ! Cette fable estrapportée par Valentini ,, & d’aprèslui par Bruckman, de la façon sui-vante. Le lac appelle der Grunefée ,dans les monts Car patiens, est entouréde rochers. Le bruit commun veutqu’on ait apperçu une très grande ef-carboucle attachée à un de cesrochers.Comme elle étoit trop élevée, il futimpossible de pouvoir aller l'arracher.Le hasard voulut qu’tin chasteur tirantun daim frappa en même rems lapierre qui , détachée par ce coup,tomba dans le lac où on ne put jamaisîa découvrir. Ce conte vaut bien celuique Pline rapporte fur les turquoisesou callais , qu’on ne pouvoir détacherqu’à coup de fléchés. Pour ceux-ci,iîs ne font au plus qu une erreur defait, ou une ex,t gération outrée. Lespierres de couleur, comme on l’a déjàdit, peuvent, même avant la taille ,avoir quelque éclat, Lc briller un peuau soleil ou à îa lune;, mais cet éclatest bien au-dessous de la vivacité qu’onleur attribue. On pourroic aussi avoirris des vers luisants pour des escar-oucles. Ces infectes , comme l’onfaír, ont une lumière des-p!us vives r ,& qui en quelque forte étincelle : ces

infectes, rampent sor les- rochers „comme entre les buissons ác les her-

bes ; ainsi on aura pu facilement at-tribuer à une pierre ee qui n’apparte-noit qu’à un insecte. On pourroit dumoins expliquer ainsi les deux histoi-resprccéaentes L’escarboticledeSuis-fs & celui de Hongrie auroient dû seretrouver, l’un n’étant tombé quedans l’eau qui n’empcche pas l’escar-boucle de briller, selon les Auteursqui admettent les merveilles attri-buées á cette forte de pierre ; l’autrebrillant encore dans Tendroic où onlavoir jette : l’animal mourut, s’étanrnoyé en tombant dans le lacdeHongrie,& la lumière de l’insecte de la Suisse s’é-teignoit àl’approche de ceux quicher-choienrla pierre, comme cela arrivelorsque l’on touche ces insectes, ©uqu’ils entendent quelque bruit.

11 parole donc que la Silélîe Sc I'aBoheme font encore les seuls paysconnus de l’Europe, qui fournillentdes rubis, ceux de Chio, comme oipl*a dit, étant probablement toute au-tre pierre , sentiment conforme á ce-lui de Thevec qui s’éleve avec feucontre Pline , à cause de ce qisil avoiravancé sor les rubis de cette dis. _

Jamais, dit Thévet , on ne lui ac-cordera cela, attendu que je fais lecontraire, & qu’il ne s’y trouve au-cune roche de rubis non plus que d’é-méraudes ou diamants, u on ne les yporte d’ailleurs.

Thévet ne faie pas plus de cas des-rubis d un endroit qu’il appelle Trê-me, & qu il prace fur les confins d upays de Lacédémone, ville de Grecej.