Band 
Tome douzieme.
Seite
347
JPEG-Download
 

HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXXVH. 347

contre la piquure des araignées & des scorpions. Je pense toute-fois que cette propriété se rencontre principalement dans les aga-tes de Sicile; car dès qu’on commence à respirer Tait de cette

fentl’àil, lesory, est d’une odeur sifœtide, lors meme qu’on n s l’exposejjas au feu, qu’il donne des nauséesLiant approché de l’organe de l’odorat,le sandarac sent le soufre lorsqu’on lebroyé dans un mortier : l’odeur dusuccin approche de celle de la myrrhe,le Jayet, le bitume. Des cailloux quifrottés les uns contre les autres don-nent une forte odeur de soufre con-tiennent du soufre grossier ou un aci-de vitriolique selon M. Geoffroy dansl’Histore de l’Académie des Sciences ,p. K, année tyiffSi l’on suppose doncque les pierres contiennent quelques-unes de ces matières ; il n’est pas éton-nant que les odeurs , qui font propresa ces différents minéraux , se manifes-tent lorsque, par la friction , on les dé-velope dans ces pierres 8c qu’on faitl’équivalent de ce qui se passe dans lerems que ces minéraux commencent àêtre échauffés lorsqu’on les met fur lefeu. La pierre dont il est parlé dansPline, renfermeroit donc, dans ce sys-temedu succin, les pierres les plus foe-tides du sory ; celles qui le seroientmoins du fer, du cuivre ou du plomb ;mais dans ce système, il reste à expli-quer ce qui fait l’odeur dans ces corps.C’est là un de ces mystères que la Chy-mie n’apas encore développés & qu’ellen’a pas même presque effleurés. C’efl,ilfaut en convenir, une matière des plusdélicates, & où tout peut aisémentéchapper à l’artiste le plus attentif & leplus rempli de sagacité. On a fait cepen-

dant quelques tentatives; c’est à M.Boyle à qui on en est redevable. Cethabile homme en combinant i’acidevitriolique avec différentes liqueursou avec des matières solides, a formédes odeurs agréables ou disgracieuses.Une partie d’esprit de vitriol mêléavec deux parties d’huile de thérében-tine & distillées au bain de fable , &Cpeu à peu donnent une odeur de souf-fre très-forte & très-pénétrante ; unechopine de vin d’Efpagne mêlée avecquelques onces du même esprit fontun tout qui devient odorant au boucde quelque tems de digestion. L’on a,par la distillation du même esprit aveccelui de vin à parties égales, uneodeur qui est un vrai parfum, pourvuqu’on ait laissé ce mélange au moinspendant trois semaines en digestion ,avant que de procéder à la distillation.Les perles dissoutes, toujours dans lemême esprit vitriolique, ont dévelop-pé une odeur de musc. Si au lieu decet acide on fe sert de celui de nitre ,on peut également produire les mêmeseffets. L’or fulminant, par exemple,en donne unefemblableà la derniere ;étanr fulminé il jette des vapeurs, qutrépandent cette odeur qu’il est tres-aisé de distinguer à l’odorat. Xout lemonde connoît cette expérience aumoyen de laquelle on fait naître uneodeur d’œufcouvé, & que l’on appellecommunément odeur A'hépar sulphu-ri. Cette expérience qui consiste à.mêler une matière alkaline avec quel-

Xx ij