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Tome douzieme.
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4 $6 Additions au Commentaire '

dira dans l’instant, en parlant des alenes de Macaísar & d’Achem.'Frappé de cette analogie, je m’étois d’abord imaginé que les Nè-gres, ou les Européens mêmes, avoient enseigné à quelques peu-ples du Nouveau Monde l’ufage de ces sarbacanes j mais des per-sonnes instruites, que j’ai consultées fur mon sentiment, montrépondu que cette invention avoir été de tout tems connue desAméricains qui habitent fur les bords de l’Efquibé, de l’Oréno-que &: du fleuve des Amazones.

Le Sauvage qui veut se servir de ces traits préparés selon leprocédé qu on vient d’exposer, a soin de les mouiller de salive,en les portant à fa bouche fans crainte; car le poison dont ilsfont armés, n’agit que lorsqu il est mêlé au sang, où il occasionneune coagulation subite, ou, ce qui est la même chose, une sécré-tion de la lymphe d’avec les globules sanguins, & à-peu-prèscomme feroit une goutte de vinaigre versée dans un vase rem-pli de lait : sanimal blessé tombe mort plus précipitamment quesi on lui avoit seringué dans les veines un jet d’eau-forte, qui aaussi la qualité de faire fermenter &c grutneler le sang jusquesdans les oreillettes du cœur, en moins de deux minutes (y).

On conçoit après cela, qu’il n’y a aucun danger à manger dugibier tué avec ces fléchés envenimées, dont toute Faction seborne à figer le sang : aussi les Européens établis aux Indes Oc-cidentales, ne font-ils plus aucun scrupule de se nourrir de sin-ges , &c d’autres animaux tués un moment auparavant avec cesinstruments : & depuis que l’Amérique est découverte, il n’y apas d’exemple que quelqu’un s'en soit mal trouvé (6). Cependantce venin agit sur les hommes comme fur les animaux, & dansl’un & l’autre cas, ses effets font également prompts, également

(5 ) V oyez Conférences fur les S cíen- pointe envenimée dont s’est servilecfs, de l'an i6G% ,à /Wric/e Nutrition. ^ChaíTeur , comme on rencontre en( 6 ) On dir qu’en mangeant du gi- Europe, dans le corps des lièvres 8cbiet daosíl’Amérique méridionale, on des perdrix, les dragées qui les ontfroiivé quelquefois, íçms la dent, la tués.

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funestes ;