de V Histoire Naturelle de Pline. 469
Les autres plantes employées chez les Anciens pour armer lesdards, font les aconits-napels, & fur-tout f aconitum- cy no elonum >comme le dit expressément Dioscoride (2.1).
Le Géographe Strabon, que nous avons déja cité , rapporteencore un fait qui paroît mériter quelque attention. Dans la Col-chide,, cette contrée si fameuse par ses poisons & ses empoison-neurs, il y a un peuple, dit-il, nommé les Soan.es> qui enduit sesfléchés d’1111 venin fort singulier, qui ne tue pas feulement les■personnes blessées, mais qui répand encore une odeur si péné-trante & si nuisible , quelle incommode beaucoup ceux que letrait n a pu atteindre (2,1). II est impossible de deviner ou de con-cevoir comment on a pu composer une drogue dont la puanteurn’agissoit que quand la fléché étoit décochée ; fans quoi celui quiauroit voulu la lancer, en eut été autant frappé que son ennemi ;hormis qu on ne suppose que les Colchides aient possédé un pré-servatif particulier contre la dangereuse évaporation de leurs pro-pres armes : mais c’est imaginer un phénomène inexprimablepour en expliquer un autre. Si l’on ne veut absolument pas sus-pecter ou récuser le témoignage d’un Ecrivain auísi judicieux Leaustì sage que Strabon, il faut convenir de bonne foi qu’on nefauroit rendre raison du fait qu il rapporte , puifqu’on ne connoîtaucune matière dans la Nature , capable de produire de telseffets fans le secours du feu, qui est nécessaire pour faire opérerla poudre puante dont on s’est servi, dit-on, en Europe immé-diatement après l’invention du canon : j’ai même trouvé dans uneancienne Pyrotechnie, écrite par un Ingénieur Italien , le procédépour composer cette poudre dont on doit remplir, à ce qu’il as-sure , des grenades &: des bombes , qui, en se crevant, répan-dent une odeur si épouvantable, quelle étouffe ceux qui font à
guere répondre aux qualités surpre-nantes qu’on lui a attribuées, & je faisqu’on doit se défier de tout ce qu’onen a écrit.
(ri) Lib. 4, cap. 8r.
(22) So anes veneno ad spicula mirì~fiel utuntur , quod eos etiam qui venena-tis sagittis nonsauciisunt, odore offen •diu Lib. 11, p. 350.