47 ° Additions au Commentaire
portée de la respirer.. Cette méthode d’enfumer l’ennemi n’estplus pratiquée de nos tems, qu à l’égard des Mineurs, qu on re-pousse ou qu on étousse par la fumée du soufre, lorfqu’ils sontattachés à ouvrir un rameau où on leur envoie un camouflet ; cequi est bien plus aisé dans un souterrain qu en plein air : aufíìdoutai-je très fort de la vertu que l’Artificier ultramontain attribueà fa drogue : je doute encore de la vérité de l’histoire qu on ren-contre dans tant de livres, qui nous apprennent qu un Chy mistede Londres, ayant voulu éprouver une poudre puante qu’il avoircomposée, la renferma dans le canon d’un fusil qu’il tira par lafenêtre dans la rue , où deux ou trois personnes qui y passoientdans cet instant , furent mortellement incommodées par la va-peur.
Je terminerai ce Traité par quelques discussions fur les armesfunestes des anciens Brachmanes, & des Scythes qui enduisissentles leurs de fanie de vipere & de sang humain, d’où il réfultoitune si grande malignité, qu’il n’y avoit pas de remede pour desemblables blessures , irremediabile scelus , dit Pline, qui ne spé-cifie pas la Tribu Scythe dont il prétend parler. Cependant chezles Hordes septentrionales, on ne fe se roi t point avisé de cher-cher des viperes , que le moindre froid tue : on doit supposerqu’il est question, des Scythes les plus méridionaux , & dont leclimat pouvoir nourrir les reptiles de cette efpece.
Le venin de la vipere est un sel acide, qui, en se crystallisant,présente des angles, ou des pointes extrêmement subtiles Ô£ tran-chantes (13) : pour peu qu’il touche le sang, il y produit un caií-lement & un trouble fi considérables, que la mort s’enfuit infaiLIsolement, si on n’a recours à des remedes prompts &: efficaces.Ces qualités bien constatées, peuvent nous expliquer le motif quifaisoit employer aux Scythes le sang humain dans la composition
(ij) Voyez le Traité de Vìperâ, n’avons rien de mieux fur lavip.ere,écrit en Anglois par M. Mead, & que cet excellent Traité,traduit en Latin par M. Nelson. Nous