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Tome douzieme.
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de V H ijloire Naturelle de Pline, 47 j

cette maladie n’a été connue en Europe , des Médecins Grecs ,qu après l’an 614.

M. Hume n’est pas le seul qui ait regardé l’Arabie comme leberceau & la source de ce terrible fléau, & qui ait accusé Maho-met 8 c sa horde fanatique &c exterminatrice, d’avoir plus détruitd’hommes par cette épidémie contagieuse, que par le tranchantdu glaive. Mais j ose dire que c’est un préjugé qui n’a d’autre fon-dement que sopinion vulgaire. En effet, íì la petite vérole avoitété de tout tems un mal endémique chez les Arabes , de touttems ces peuples instables par instinct, 8 c vagabonds par régime,en auroient infecté leurs voisins , & l’auroient ainsi communiquéede proche en proche aux autres Nations ; l’expédition d’Alexandrele Grand eût fait connoître ce funeste genre de pustules auxGrecs ; &c les armées Romaines en eussent été atteintes fous Jules-Céfar & fous Auguste. Objection fans réplique , qui démontreque ce n’est point l’invasion des Arabes qui a répandu la petitevérole fur toute la terre habitable.

II n’en est pas moins vrai que firruption de ces peuples est pré-cisément du même tems ; mais cette co incidence d’époques neprouve nullement que le fléau variolique soit venu d’eux : elle aseulement donné lieu à cette fausse opinion.

Quoi qu’il en soit, mes recherches m’ont appris que la pre-mière apparition de la petite vérole en Europe est quelque peupostérieure à 1’usage du linge (1), substitué à l’usage habituel du

( 1 ) Aurélien , vers la fin du troisiè-me siecle , est ìe premier Empereur quiair essayé de familiariser les Romainsavec l’Lifage du linge , en faisant dis-tribuer , par une magnificence inouiejusqu’alors, une tunique ou chemisede pur lin d’Afrique ou d Egypte , àchaque citoyen Romain. On fut trèslong tems à soupçonner qu’un tel vê-tement , appliqué immédiatement surla peau, & changé plusieurs fois la se-maine, pût tenir lieu du bain journa-

lier. Aussi voit-on dans le siecle sui-vant , & notamment fous Julien , lesbains publics plus en vogue que ja-mais. Cependant, au commencementdu sixième siecle , les Gaules , fousClovis, étant devenues Chrétiennes ,il est à croire que le zele des Pasteursdût s’occuperdes moyens de substituerquelque usage deproprete, sansconsé*quence contre les mœurs, à celui desbains publics , où la modestie des néo-phites avoit trop à souffrir. Ce fut aussi