47 S Additions au Commentaire
bain. J’en ai conclu que la cessation de l’usage habituel du bain.dès la naissance , avoir donné lieu au premier développement dulevain variolique. Cette conséquence né toit encore que conjec-turale ; j’ai cherché à m’assurer par Inexpérience si savois bien oumal conclu. Je me fuis adressé à nombre de personnes qui n’ontjamais eu la petite vérole ; & j’ai su que plusieurs d’entre elles,outre quelles font un usage assez fréquent du bain , avoient étéélevées par des parents qui étoientdans l’habitudede baigner leursenfants, à-peu-près tous les huit jours. J’ai remarqué aussi que lespersonnes sujettes à une transpiration abondante, & chez qui cettesécrétion se fait habituellement bien, parviennent jusqu’à un âgeavancé sans avoir la petite vérole, même lorsqu elle est épidémi-que , &£ quelles en font de toutes parts environnées. J’ai connuune Dame qui, par la feule force de ce genre de complexion,étoit parvenue jusqu a l’âge de soixante & onze ans fans avoir lapetite vérole, Lz qui l’eut à cet âge, parcequ alors, fans doute ,ses pores commençoient â s’obstruer. Cela m’a fait penser qu’il yavoir moyen de prévenir ce fléau, en remédiant, non au régimed’habillement actuel, mais à la cessation habituelle du bain, à la-quelle ce régime a donné lieu. J’ai été singulièrement confirmédans cette idée par la lecture d’un Traité de la petite vérole ,dédié, par M. Duhaume, à M. le Marquis de Paulmy. J’ai trouvédans les doctes observations de Boerhaave & de Van Swieten,
vers le même tems , 8c par les mêmesmotifs , qu’on commença à substituerle baptême d’infusion & dispersion ,à celui d’immersion , qui jusqu’alorsavoir seul eu lieu. Une autre raisonpersuada aux Chrétiens de quitter Pil-lage du bain journalier ; c’est que cesablutions font de précepte divin dansla Religion des Juifs, & dans celledes Mahométans. On vouloir à touteforce n’avoir rien de commun avec lesuns ni avec les autres. On crut en-trevoir dans l’usage du lin 5c du chan-
vre en vêtement immédiat , l’équíva-lant du bain habituel ; & cette seuleconsidération fit adopter l’usage dulinge dans toute l'étendue de la Chré-tienté : c’est vers cette époque , c’est-à-dire un peu avant le milieu du sep-tième siecle que le levain varioliquecommença à se faire connoître pourla première fois, & à donner aux Mé-decins d’alors le phénomène d’unemaladie inouie & fans tradition par-mi les générations des hommes.