de l’Hiftoire Naturelle de Pline. 481cace à la guérison de toutes les plaies, même des plaies enve-nimées , ne foie plus efficace encore pour dégorger les pores dela peau de tout ce qu’ils recèlent d’impur, d'aigri, de fermentef-cible, &c. &c.?
La petite vérole est donc , chez sespece humaine , le tristefruit du luxe ôc des arts. L’industrie ( en apparence st innocente )de la culture du lin &c du chanvre , & de leiir emploi en vête-ment , a insensiblement amené l’abolition de l’usage immémo-rial du bain ; & de-là s’est ensuivie une peste épidémique , dontles ravages se sont fait sentir dans toutes les paries du globeconnu.
Tous les anciens peuples ont fait un usage fréquent des bainschauds ou froids. Les Germains, même en naissant, écoient plon-gés dans un fleuve par leurs meres , selon Tacite. Les Athéniensse baignoient souvent en eau chaude, comme on le peut voirchez Aristophane. Tous les Grecs se sont fréquemment baignésen eau chaude , en eau froide, ou dans la mer même, commel’atteste Homere ; le défaut de linge rendant chez eux cette pra-tique indispensable. Auffi aucun de ces anciens peuples n’a-t-ilconnu la petite vérole. Rétablissons l’usage du bain , au moinspour les enfants , 8c nous n entendrons plus parler de ce mal ex-terminateur.
J’ai lu dans une brochure relative à l’inoculation, que les Juifsd’un canton de la Bohême font dans la ferme opinion qu’ils déli-vrent pour toujours leurs enfants de la petite vérole, en les bai-gnant dans une certaine riviere,peu après leur naissance. On re-garde cette opinion de leur part comme une superstition : maisj’observerai que les Juifs, tout Juifs 8e superstitieux qu’ils font,ne pourroient se résoudre à croire que cette immersion sauvepour toujours la petite vérole à leurs enfants, s’ìls avoient jour-nellement la preuve du contraire : & il y a lieu de croire que cepremier bain doit être très efficace, ô£ qu il fait évacuer par lespores les germes de l’humeur variolique dès leur premiere for-mation. '
Tout me confirme dans l’idée que le bain froid, ou tiede,Torne XII. P p p