SUR LES STEPPES.
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qui les environne. Les naturels du paysles appellent des bancs “ et semblent parcette expression deviner l’ancien état deschoses, lorsque ces élévations formaientdes écueils de la grande mer intérieuredont les steppes étaient le fond.
Encore aujourd’hui une illusion noc-turne nous retrace souvent ces grandstraits du monde primitif. Quand à leurlever et à leur coucher les astres brillanséclairent le bord de la plaine, ou quandleur image tremblante paraît doublée 5dans la couche la plus basse des vapeurs on-duleuses, on croit y voir l’océan sans bor-nes. Ainsi que l’océan, les steppes remplis-sent l’esprit du sentiment de l’infini. Maisl’aspect de la mer est embelli par le per-pétuel roulement des vagues écumeuses ;tandis que semblable à la pierre nue 4 ,