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voyages. C’est, me dit le capitaine, latroisième fois qu’il vient à Naples . 11m’assure qu’il me donnera avec plaisirquelques notions sur les mœurs cu-rieuses que je vais explorer, et qu’il aétudiées avec cette finesse de tactd’un homme qui ne se déplace pas dansle seul but de changer de lieux.
Dès que je le vis, je desirai le con-naître intimement. Le capitaine nousprésenta l’un à l’autre ; peu à peu la ré-serve fut bannie, et l’abandon prit ledessus ; il voyage sous le nom d’E-douard. Atteint d’une maladie incu-rable , il quitte sa patrie pour n’y plusrevenir ; il veut consacrer le reste d’unevie dénuée d’espérance et d’avenir, àparcourir les pays les plus intéressans,faire un recueil de ses observations, etleléeuer à ses amis! C’est décidément
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îc compagnon de voyage qui peut lemieux me convenir; comme il ne s’op-pose pas à ce que je me mette sous sonpatronage, je m’attache à sa fortune.
Partout des souvenirs de notre an-cienne gloire, des débris d’un trônebrisé. Voici Piombino , cette pe-tite principauté dont Napoléon for-ma une portion de l’apanage de sasœur aînée Élisa, mariée au colonelFélix Baccioclii ; autrefois cette villeétait sous la protection des rois de Na-ples qui avaient le droit d’y entretenirune garnison.
Nous suivons la tangente du golfe,et nous apercevons Porto Ercole , quin’ollre presque que des ruines. Le cos tu-me des femmes qu’Édouard me décrit,est pittoresque et gracieux ; c’est celui dela Toscane ; un jupon rouge, un cane-zou de drap noir, le chapeau d’hommeorné d’une plume : ce chapeau dispa-raît au delà des confins. Tant pis , ilsied au caractère de ces figures demi-grecques, et les rend presque toutesjolies,
Ce petit pays est abandonné à causede l’exiguité de son port, qui n’est, àproprement parler, qu’une anse àdemi comblée parles sables, et n’offrantque peu de sécurité aux navires ; aussin’y entrent-ils que pour chercher unabri contre la tempête; il ne reste in-tact que quelques maisons et les deuxchâteaux forts, habités par une milicesous les ordres d’un officier.
Le poisson est abondant sur cettecôte et d’un goût exquis.
Édouard me di t encore qu’à deux outrois milles dans les terres, vers la par-tie nord, estla petite ville d’Orhitello ,remarquable par la singularité de saposition ; bâtie au milieu d’un lac salé,elle tient à la terre, à l’ouest, par unechaussée longue et étroite. Vue deshauteurs de Porto Ercole , son aspectest des plus romantiques.
La route qui y conduit est à peinetracée dans un boisfrais et hienfourni ;arrivé au bord du lac, point de pontpour entrer dans la ville. Une barquede pêcheur vient vous prendre ; l’oneût mieux faitde s’en tenir au délicieuxtableau qu’elle promet de loin, car,dans l’intérieur, rien d’intéressant. Unerue droite la traverse du nord au sud.Un hôpital pour les pauvres, propreet bien tenu; deux églises fort simpleset entièrement dépourvues de peintureet de marbre, sont les seules chosesque l’étranger puisse visiter. La pêcheaux anguilles, dont ce lac est abon-damment fourni, eét la seule branchede commerce des liabitans, qui vendentce poisson salé dans presque toutel’Italie .
Nous voilà en face de Cività -Vec-cliia, à dix-huit lieues de Rome ; sonancien nom était Centum Cellæ. 11 ve-nait peut-être de ce que le port avaitcent arches ou cales pour abriter lesbarques ; il y en a encore actuellement