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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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DE LIVOURNE A NAPLES .

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plusieurs que les papes ont fait re-faire.

Le navire fuit ; nous sommes, par letravers de Rome , à Fiumicino, joliepetite ville moderne, qui a un quai etun môle, surmonté d’une tour et d’unfanal. Un remous bien prononcé dansles eaux se fait remarquer. Il est oc-casioné par l’emboucliure du Tibre , cejlavus Tiberinus deVirgile dont les flotsrefoulent les vagues et les jaunissent.

Le voilà donc ce fleuve, autrefoiscouvert de vaisseaux , bordé de palais !ce fleuve prophète par lequel les Ro-mains jugeaient et le bien et le mal,en cherchant des présages, même dansses inondations! qui peut-être sousses flots livides cache les plus beauxmonumens des arts ! Tant de gloire asans doute fatigué le temps. Autrefoiscette embouchure était à Ostie ; lamer battait ces murs et ceux de Porto,et formait entre ces deux villes uneespèce de golfe en demi-cercle; elles’en est retirée peu à peu jusqu’à Fiu-micino, ne laissant dans cet espacequ’un terrain aride et inculte.

11 ne reste maintenant de ces deuxvilles que des débris de théâtre, d’am-phithéâtre et de portiques, servant àattester encore leur ancienne grandeuret leur magnificence.

C’est à Ostie où les Romains creu-sèrent leur premier port, et d’où sortitcette flotte sous les ordres de Duilius ,qui apprit aux Romains qu’on pouvaitaussi vaincrelesCarthaginoissurlamer.

Là débarquent Régulus à son retourd Afrique , et Caligul'a lorsqu’il vient àRome prendre possession de l’empire.

Quelles pages occupe toute cette rivedans l’histoire ! Comme dans toute l’I-talie le souvenir de ce peuple géantrègne seul à travers les siècles, etsurvit encore aux peuples qui l’ontvaincu ! Nous venons de dépasser

Porto d’Anzio , qui a remplacé Antium,capitale des Yolsques, à l’extrémitéde ces marais Pontins pestilentiels quitirent leur nom de Pomelia, cité anté-rieure à Rome , et qui n’existe plus.

Sur cette grève où s’élève aujourd’huilatourd’Aslura, étaitautrefois un petitport où Cicéron s’embarqua pour seren-dre à sa villa de F ormianum, le jour où ilfut assassiné. Dans ce même lieu, Con-radin fut surpris et arrêté victime dela trahison de Frangipani, seigneurd’Astura, chez qui il était venu cher-cher un asile.

Enfin voici Terracina , dernièreville sur la plage, et lisière maritimedes états pontificaux. C’est ici quecommence vraiment le midi.

Fondée par les Yolsques, sous lenom d’Anxur, et plus tard, recevant desGrecs celui de Tracliina, elle enclavaitdans son contour une portion de lacolline qui la horde au sud, et quimaintenant est couverte d’orangers,de citronniers et de cactus. Les Ro-mains en avaient fait un lieu de dé-lices.

Horace, dans son voyage de Brin-disi, n’a garde d’oublier Anxur.

Imposition latc saxis candentibus Anxur.

Hor. , sat. V, v. 2G.

« Et nous vîmes d’Anxur s’élever le rocher. ■'Trctcl. de Daru.

Qu’est devenue tant de splendeur ?Terracine est aujourd’hui un relai deposte.

Ne vous livrez pas, me dit Edouard,à d’inutiles regrets sur les révolu-tions que le temps peut amener. Yousn’en êtes qu’à la première page de vo-tre voyage, et d’autres émotions vousattendent. Vous parcourrez des plagesdésertes où furent autrefois des peu-ples vaillans ! Des villes entières ont