plus ravissans. Constantinople seulepeut lui être comparée. Les objetslointains s’y distinguent avec une net-teté extraordinaire, surtout le soir,quand le soleil, caché derrière les hau-teurs, les éclaire encore d’une doucelumière. Quel ravissant spectacle quece Vésuve , phare gigantesque, poséparla nature, pour avertir lenautonierqui cherche Naples, que Naples estlà ! Qu’elles sont solennelles les pen-sées qu’il inspire! A ses pieds, troisvillages bâtis sur des ruines impo-santes. Les deux Torre, Résina et leséjour royal de Portici. Portici , assissur Herculanum , et dont chaquemaison a pour base les toits d’unecité romaine. De l’autre côté le montPausilippe , si beau y et dont le nomgrec signifie « repos de la tristes-se. » Doucement incliné vers Na-ples , il est semé de délicieuses villas,de jardins élégans et de riches vigno-bles. Pas un pouce de terrain qui nesoit recouvert de la plus fraîche ver-dure , depuis les bords de la mer jus-qu’à son sommet ; plusieurs ruines sontsur le rivage, et semblent encore dis-puter , à la vague qui vient les ébran-ler, quelques années d’existence. Pourbien jouir du coup d’œil délicieux dePausilippe . il faut le voir de la mer,à une heure favorable aux effets pitto-resques, à celle où le soleil s’abaissesur le tombeau de Virgile, et l’entoured’une auréole resplendissante. On di-rait que le plaisir et la piété ont de-puis plusieurs siècles choisi ce lieupour leur asile. Autrefois Lucullus etTibèrey donnaient leurs fi^es, mainte-nant le noir dominicain y fait entendresa prière, et son couvent s’élève aumilieu de ce paradis qui s’étend à troismilles le long de la côte méridionale.De toutes parts se mêlent d’élégansbelvédères aux villas, et ce paysage
gracieux rappelle et justifierait à luiseul l’enthousiasme des poètes qui ontchanté l’Italie (PI. 27).
Là' vous voyez encore ce palais deJeanne, ce témoin des oraies de cettereine qui a marqué sa place dans l’his-toire par une page sanglante. Puis voussaluez la grotte de Pausilippe , et l’œilcherche encore une fois la place oùVirgile dort sous son bosquet.
Naples,bâtie en amphithéâtre, sedé-ploie tout autour de son golfe (PI. 28).L’élégante architecture de ses palais',avec leurs terrasses orientales, la ver-dure de ses jardins plantés d’orangers,font disparaître ce qu’aurait de mono-tonecctteperspeclive. Ses coupoles, sesdômes dorés et le fort Sain t-Elme qui ladomine, complètent l’ensemble de ce pa-norama unique. Tout, jusqu’au sa-ble qui reçoit la dernière convulsiondelà vague mourante, est un sujet devif intérêt. Sur les bords de cet im-mense golfe sont semées à profusionde petites pierres ferrugineuses quibrillent de toute part, et annoncentcette patrie du feu. L’air que l’on res-pire fait éprouver le bien être, rien nepeut attérer les sensations agréablesqu’il vous cause; il semble que l’âmesoit plus en rapport avec les objetsextérieurs, et qu’elle s’harmonise aveceux. Sans doute les heureux habitansde cette terre ont aussi leurs momensde mélancolie, en quel lieu la destinéede l’homme ne produit-elle pas cetteimpression! mais au moins elle doitêtre exempte d’anxiétés et de regrets.Telle quelle est, leur existence doitsuffire à leurs facultés.
En entrant dans le port, une mul-titude de barques nous entourent, lesunes bariolées de couleurs vives, cou-vertes de petites banderolles que levent agite avec une capricieuse mobi-lité, d’autres aux insignes de la Ma-