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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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DE LIVOURNE A NAPLES .

le tombeau d’Agripine. Tout dans ceslieux, jusqu’à la pierre apportée par lamer sur le rivage, est un appel ausouvenir. Mais que pourrais-je dire deces lieux que la plume élégante deM. de Lamartine a décrits dans sesvers avec tant de bonheur !

O de la liberté, vieille et sainte patrie îTerre autrefois féconde en sublimes vertus,

Ton empire est tombé ! tes héros ne sont plus !

Mais dans ton sein l ame agrandieCroit sur leurs monumens respirer leur génie.Comme on respire encor dans un temple aboliLa majesté du dieu dont il était rempli.

Mais n’interrogeons pas vos ombres généreuses,VieuxRomains! fiers CatonslmânesdesdeuxBrutus!Allons redemander à ces murs abattusDessouvenirs plusdoux,desombresplusheureuses.

Horace, dans ce frais séjour,

Dans une retraite embelliePar les plaisirs et le génie,

Fuyait les pompes de la cour ;

Properce y visitait Cynthie,

Et sous les regards de DélieTibulle y modulait les soupirs de l'amour.

Colline de Baïa ! poétique séjour,

Voluptueux vallon qu’habita tour à tourTout ce qui fut grand dans le monde,

Tu ne retentis plus de gloire ni d’amour ;

Pas une voix qui me réponde,

Que le bruit plaintif de cette ondeOu l’écho réveillé des débris d’alentour!

Je ne dis point adieu à cette côte.Nous venons, Edouard et moi, d’orga-niser des plans de promenades char-mantes. Il est convenu qu’aussitôtarrivés à Naples nous visiterons pas àpas cette rive si belle, ces Champs-Elysées de Virgile. Pouzzole , « l’an-cienne Dicearcbia , » la Solfatara ,l’Averne, Cumes . Mais voici Nisida,au fond de cette anse’, son nom grecsignifie petite île. Elle n’a guèresplus d’un mille et demi de circuit. Ilest présumable, qu’autrefois unie aucontinent, elle en fut détachée par un

tremblement de terre. Elle faisait par-tie d’une des grandes villas de Lu-cullus. Cicéron nous l’apprend, ennous parlant de son entrevue avecBrutus . Porcie, femme de ce dernier,s’y donna la mort.

Sa forme est celle d’un cône tron-qué; couverte de petits arbustes très-verts, son aspect est des plus gracieux,on dirait une touffe de gazon. La végé-tation y est admirable, chose d’autantplus extraordinaire, que, battue par lesIlots, elle reçoit les jours d’orage desvagues qui s’élèvent fort liant. Sa belle,son éternelle verdure n’en est pointaltérée. Un vieux château-fort en cou-ronne la pointe nord. Sa position élé-gante et romantique fixe l’attention despeintres, et leur fournit un des plusjolis dessins qu’ils rapportent d’Italie .

Nisida est le lieu où les bâtimens decommerce viennent purger leur qua-rantaine ; les passagers sont transportésdans un lazaret bâti sur la crête d’unrocher élevé, creusé en arclie, souslequel passent les barques. Mais noussommes dans le golfe; nous cinglonsavec rapidité, déjà nous laissons ànotre droite Capri , et sa grotte d’azur,et scs douzes palais construits pourTibère , ses orgies et tous ces grandset tristes souvenirs, nous apercevonsNaples !

Salut, ancienne Parthénope, sidigne d’inspirer des chants aux poètes.Enfant chéri d’une nature prodiguepour toi, puisqu’à loi seule elle adonné cette vapeur légère, transpa-rente , cette teinte pourprée qui coloreton atmo^j^裣,. ce prisme qui se placeentre l’œil e’t'les objets qu’il aperçoit,et leur prête un charme magique.

Placée sous le ciel le plus pur, enri-chie par la mer qui lui apporte detoutes parts le luxe et l’abondance,Naples offre les points de vue les