done et des Saints ; elles contiennentdes musiciens qui improvisent deschants, des religieuses qui font laquête, des capucins qui bénissent notrearrivée, ou bien des hommes qui ,pour quelques pièces de monnaie, nousoffrent les fruits qui naissent dans lesquatre parties du monde. Toutes seheurtent, se croisent et ne s’éloignentque lorsqu’elles isont repoussées parcelles qui viennent nous chercher.
La barque nous conduit à terre etnous y dépose en face du bureau de lasanté. Un flot de peuple nous entoure ;on nous examine de la tête aux pieds,comme des objets de curiosité. « Lavue des étrangers, me dit Edouard ,amuse ce peuple, qui n’a d’autreidée du bonheur que le plaisir. Voyezcet homme nous regarder , adressez-lui une question, avant d’y répondreil vous tendra la main, vous allez enconclure qu’il aimei l’argent, et vousserez dans l’erreur, chez lui ce goûtn’est ni méthodique ni réfléchi ; c’estpour le dépenser aussi vite qu’il lereçoit, avec même une sorte de noblegénérosité. »
Nous nous hâtons de nous soustraireà cette multitude bruyante, et nouscherchons à nous préparer, par quel-ques heures de repos dont nous avonsbesoin, aux jouissances du lendemain.C’est pour cela qu’après avoir terminé
les formalité qu’exigent et la police etles magistrats qui composent le bureaude la santé, et qu’on appelle i cava-lieri «les chevaliers net, chargédenotrebagage sur le dos d’un facchino , nousnous acheminons vers la douane oùnous devons les faire examiner.
Cette opération ne nous retient quepeu de temps, et toujours escortés parla foule, nous arrivons .à notre hôtel,où un bon souper, et surtout une bon-nenuit, vontnousremettre des fatiguesde la mer.
J’ai oublié de mentionner un faitqui caractérise les mœurs du paysd’une manière frappante :
Au signal du débarquement , jecherchais mon moine dans la foule despassagers qui encombrait le pont; jevoulais lui faire mes adieux. Je letrouvai aux prises avec le cuisinier dunavire, à qui il avait promis la buo-na mano d’usage. Celui-ci, sur la foides traités, avait eu mille attentionspour lui. « Je t’ai promis quelque chose,lui répondait le moine; eh bien, jedirai deux messes à ton intention. »Chaque fois que l’autre insistait pouravoir de l’argent, le moine lui répétait« due messe , due messe.» Pendant cetemps, les barques étaient arrivées, etle cuisinier n’obtint que cette pro-messe , et une hénédition que le moinelui donna de loin.