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mer lui étant contraire ou n’ayant pasle pouvoir de le protéger, il était inutilede lui témoigner le moindre respect.
Le Napolitain croit aussi aux rêves,aux pressentimens , enfin à une se-conde vue, faculté des imaginationsvives, qui trouble souvent les cœursles plus forts. J’ai vu des hommes jouis-sant de la réputation d’hommes d’es-prit, pleurer, même après leur réveil,l’ami dont ils avaient rêvé la mort.Loin de chercher à calmer chez euxcette exaltation, ils sont au contraireavides de tout ce qui peut l’augmenter.
Je voudrais que l’impie au cœurfroid, à l’âme insensible, pût assisterici à la bénédiction du Saint-Sacre-ment un jour de fête; une musiquedélicieuse se fait entendre derrière l’au-tel, l’orgue y ajoute ses sons mélodieux,la foule se prosterne au pied du Saint-Sacrement , qui, entouré d’un foyer delumières, tandis que le reste de l’égliseest plongé dans l’obscurité, offre unspectacle aussi merveilleux qu’impo-sant. On sent son âme s’élancer dansles régions élhérées;une voix ferme,persuasive, nous crie de ne plus dou-ter pour ne pas mentir à nous-mêmes;et pendant qu’on se livre à celte extaseintuitive, la foule qui remplissait cevaste temple s’écoule peu à peu, sansbruit, sans désordre, et bientôt l’é-glise et ses vastes galeries rentrerontdans le silence !
La première fois que j’assistai àcette cérémonie, je restai encore long-temps dans l’église, quand tout futfini ; je voulais voir en détail ce qu’ellerenfermait, je lus une inscription pla-cée sur un monument élevé à saintJanvier, Divo Januario. Je cherchai àm’expliquer comment je trouvais là,dans une église chrétienne, une inscrip-tion au divin Janus ; je n’étais pas lepremier sans doute quelle avait frappé
d’étonnement, la réflexion me démon-tra ensuite quelle s’appliquait aussi àsaint Janvier ; mais il est évident quele marbre sur lequel elle est gravée aappartenu à un temple profane, elleaura été placée ici à cause de la simili-tude du nom.
Je visitai ensuite les diverses cha-pelles de l’église, toutes enrichies detableaux, peints par les premiers maî-tres. Arrivé à celle de la Vierge, j’y visune jeune fille prier avec une ferveurqui l’empêchait de m’apercevoir, quoi-que je fusse depuis long-temps auprèsd’elle à 1 examiner attentivement; je prisle parti de lui parler : Pourquoi, lui dis-je, ce culte aux images, lorsqu’il seraitbeaucoup plus simple, et surtout plusconforme à notre religion, de vous adres-ser directement à Dieu , le créateur del’univers, le dispensateur de tout bien?— « Mon culte, me répondit-elle, ne» s’adresse point aux images ; j’adore» Dieu , et je m’en acquitte du mieux» qu’il m’est possible ; mais je ne puis» parvenir à vaincre une certaine timi-» dilé en m’adressant à lui ; tandis que» la bienheureuse Marie, étant femme» comme moi, et connaissant mes fai-» blesses et mes imperfections, j’é-» prouve beaucoup moins de peine à» lui ouvrir mon cœur. » Puis me con-duisant vers un tableau du Corrèze représentant la Madona : « Voyez com-» bien cette figure est douce, combien» elle est gracieuse ! »
C’est ordinairement avec Don Paoloet sa famille que je fais mes courseset mes observations. J’étudie les mœursdu pays ; rien de plus simple que cettemanière de vivre; c’est toujours la na-ture prise sur le fait. Doit Paolo n’apu renoncer à ses habitudes napoli-taines, pas même par son frottementavec les étrangers qu’il aime, et quesa position de chef d’une administration