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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

dicule, qui consiste en deux mains,dont l’une met le pouce entre les deuxpremiers doigts de l’autre. Les mainset le dessus du baldaquin sont peintset ornés d’images de saints avec laMadona ed il bambino , et à leurspieds le peuple en adoration. Sur cehaut et massif édifice sont groupésdes las énormes de citrons et d’oran-ges, des ustensiles en cuivre resplen-dissant de propreté, des verres detoute dimension , des bocaux de cris-tal, contenant de petits poissons rou-ges, des aiguières pour l’acqua di sam-bucco au goût d’anis , le tout éclairépar une vingtaine de lanternes , aussiartistement arrangées que le reste del’étalage.

L’eau est contenue dans une bouteillede métal au long col, et surtout à lalarge base , placée dans un baril dontl’intérieur est garni de liège et de gou-dron ; la neige s’introduit dans la partieinférieure du baril, qui estsoulenuparles deux colonnes latérales, et auquelon imprime un mouvement rapide etcontinuel qui communique à l’eaucette fraîcheur de glace.

Il faut voir avec quelle dextérité lemarchand fait tous les mouvemens.En un clin d’œil il coupe son citron,en exprime le suc avec une tenailleen cuivre, remplit son verre, présenteà boire, reçoit l’argent, rend la mon-naie , tout cela en moins de temps queje n’en mets à le dire.

« Avouez, me dit Antonia , qu’ici,où l’air volcanisé dessèche nos pou-mons , nous sommes trop heureux detrouver à chaque pas un rafraîchisse-ment simple , mais nécessaire ; aussipersonne ne le dédaigne; nos bellesdames même font arrêter leur voitureet boivent la modeste limonade duvendeur d’eau. Pour donner une idéede ce qu’il peut vendre, je vous citerai

un acquajolo qui a donné à sa fille unedot de 12,000 ducats ( 5 o,ooo francs).Outre ces boutiques, il y a encore desmarchands d’eau qui courent la ville,en criant toute la journée , acqua! Ilsont également trois ou quatre verrestrès - propres attachés à leur petittonneau.»

Je la remerciai de m’avoir fait sur-monter une fausse honte , et de m’a-voir initié aux jouissances de l’eauglacée.

Elle m’apprit encore que la neigeétait à Naples une denrée de pre-mière nécessité.—• «Le peuple se pas-serait pluLôt de pain ; aussi le gouver-nement en a fait l’objet d’un mono-pole dont il retire 5 o,ooo ducats paran. Tous les trois ans il passe un bailavec un entrepreneur. Celui - ci esttenu d’avoir des approvisionnemens,de deux ans sur les montagnes et dedeux jours dans la ville. L’infractionà ces clauses entraînerait une amendepécuniaire pour la première fois , laseconde fois la prison, et pour latroisième ces deux punitions , et deplus la résiliation du bail. »

« Il est rare de voir tomber la neigeà Naples , continua-t-elle ; mais sur lesmontagnes environnantes, à Castella-mare et à Salerne , elle tombe en abon-dance chaque année. L’on a creusé surces montagnes des fosses dans les-quelles on la conserve, en la recou-vrant de feuilles de châtaigniers , puisd’une forte couche de terre. Dans cetétat elle acquiert une dureté telle,qu’il faut une pioche pour la rompre.On la sépare «n gros blocs qu’on en-veloppe d’une natte grossière , et desbarques nous la transportent la nuit.Le fermier la fait ensuite distribueraux divers entrepôts de la ville, quidoivent avoir sur leurs boutiques unécusson royal pour constater leur droit