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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

CA FRI.

En France, Tacite et Suétone nousintéressent, on les lit, parce que l’é-tude de l’histoire faisant partie denotreéducation, nous ne devons rien igno-rer de tout ce qui se rapporte à cespeuples dont nous suivons, dans nosécoles, l’origine et les progrès. Notrelecture terminée, nous fermons le livre,et nous blâmons, ou nous admironssuivant les émotions que nous avonséprouvées ; mais quel attrait puissantse réveille en nous, lorsque, jetés surces lieux, jadis le théâtre des scènes quenous avons lues , notre imaginationn’a plus qu’une très-faible portion dudrame à se représenter! C’est ce queje ressentis en arrivant en Italie , etc’est aussi ce qui me décida à faire unvoyage à l’île de Capri ; je voulais allervoir ces lieux que l’alïreux Tibère avaità jamais immortalisés.

J’allai donc à la marine, et faisant ac-cord avec le patron d’une de ces barquesqui apportent le produit de la pèched .-s habitans de Capri , je me disposaià partir le soir, pour consacrer la jour-née entière du lendemain à visiter l’île.L’heure arrivée, après avoir pris congéd’Edouard, qui m’accompagna j usqu’aumôle, je montai sur ma barque , etnous partîmes. Il faisait une belle soi-rée d’été. L’équipage était composé dupatron de la barque et de son fils, jeunehomme de dix-huit ans ; nous voguionsdoucement sur ce golfe qu’effleurait àpeine un léger vent d’ouest qui en-llait notre voile latine ; je voyais, peuà peu, s’effacer cette ligne lumineusequi marque les contours de Naples ,et qui, s’étendant jusqu a Torre delGi ■eco , semble prolonger la ville jus-que-là. Nous avancions, la brise fraî-

chissait, la nuit était belle, et la lunesemblait se balancer sur chacune desvagues. Plongé dans une religieuse mé-ditation, je pensais à la France , à mafamille, aux amis bien chers que j’avaislaissés derrière moi, rien ne me dis-trayait que le bruit monotone de larame, qui par intervalle aidait notrevoile, et auquel se mariait la voix demes pécheurs qui chantaient leur bellepatrie. Ces voix s’élevant seules aumilieu de cette mer si imposante et sicalme, me faisaient éprouver des sen-sations difficiles à peindre. La nuitcontinuait d’étendre ses ombres, et lepanorama que j’avais sous les yeuxdisparut ; les chants cessèrent, monpatron veillait en silence à sa manœu-vre, le sommeil vint aussi s’emparer demoi, et je ne m’éveillai que le lende-main au jour, au moment où notre bar-que abordait sur la marine de Capri ,petite plage seule accessible dans lapartie septentrionale de l’île. Nousavions parcouru dix-huit milles (PI. 33).

A notre arrivée, je fus entouré detoute la population, ainsi que cela alieu dans tous les petits pays de l’Italie ,où la vue d’un étranger est toujours unobjet de grand intérêt, inspiré sansdoute par la pensée qu’il sèmera quel-que argent, et apportera quelque sou-lagement à leur affreuse misère.

Les habitans de la marine de Capri sont peunombreux ; quelques pécheurset une petite brigade de douaniers ,voilà ce qui compose sa population.L’on est obligé de se servir des seulesmontures que l’on trouve dans l’île, etde la parcourir sur un âne, qu’accom-pagnent toujours un guide et un cicé-rone, dont on se charge plutôt par bu-