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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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CAPRI . ?.5

manité que par besoin; c’est une ma-nière de faire avec délicatesse une au-mône à un malheureux.

Le plan de mon voyage était depuislong-temps arrêté; nous partîmes debonne heure, afin d’éviter la chaleur.Nous montâmes le sentier droit quiconduit à la ville de Capri , en passantprès de l’endroit nommé Castiglione,dont l’emplacement répond à celuid’une des villas de Tibère , celle dédiéeà Neptune. Des excavations répétéesont fait découvrir un réservoir et uncanal pour l’écoulement des eaux ; laforme circulaire du bâtiment donne lieuà présumer que c’était là le Ninfeo ousalle de bains. Les stucs représentantdes monstres marins et des figures ai-lées, moitié génies, moitié poissons,qui y ont été retrouvées, confirmentcette opinion. Mon cicerone me parlaencoredequantitéde morceaux de mar-bre, et entre autres me cita un vased’un travail précieux sur lequel étaitgravé un seau que l’on retire d’un puits.Enfin j’arrivai à la porte de Capri ,porte véritable, précédée d’un fosséflanqué de deux tourelles, et munied’un pont-levis. Toute la partie de laville qui s’étend sur le flanc de la mon-tagne est défendue par un mur crénelé,auquel sont adossées les maisons quin’ont, pour recevoir un peu d’air et dejour, que de petites ouvertures res-semblant parfaitement à des embrasu-res ; ce qui donne à la ville l’air d’uneplace fortifiée . Sa situation est extrê-mement pittoresque, mais son inté-rieur est loin de répondre à ce dehorsintéressant . C’est celui du plus mauvaisvillage, et cependant elle renferme dix-huit cents âmes. Les maisons en sontsales, les rues étroites et tortueuses;rien enfin ne retrace l’antique magnifi-cence dont cette île fut le théâtre. En.général, il paraît qu’on ne retrouve

guèresàCapri,de sa splendeur passée,que les souvenirs qu’on y porte.

Il y a une cathédrale avec son pa-vé en mosaïque, enlevé à l’un despalais de Tibère , probablement ce-lui consacré à Jupiter; le sacristainle montre avec orgueil, ainsi qu’unefoule d’ornemens attachés à la châssede saint Costanzo, patron de l’île. Cesornemens sont des pâtes antiques desaphirs, de grenat, d’améthyste, re-cueillies sur le pavé de la villa de Ju-piter. C’était avec ces pâtes, imitantles pierres précieuses, telles qu’on lesfait encore aujourd’hui, et avec desmorceaux d’ambre et de corail taillésen camées, qu’étaient jadis ornés lesmurs et les plafonds de ces somptueusesvillas. Ce qui en reste aujourd’hui sertà la parure du saint de l’île et de sonéglise.

En deux enjambées nous eûmes fran-chi cette capitale; mais en revanche,quelle fatigue pour parvenir au som-met oriental de l’île ! l’on est obligé demonter pendant plus d’une heure unchemin affreux , raide, couvert de pier-res , pour arriver enfin à ces célèbresruines. Je ne dois pas oublier celles dela villa de Junon-Moneta, à laquellese trouve substituée une chapelle bâtiepar saint Bernard de Sienne, dans cesiècle fameux par les discordes des Ita-liens . La mer offre de temps en temps,le long de ce chemin , des points de vuesmagnifiques; quelques rochers, parleur couleur ferrugineuse, contrastentadmirablement avec le vert tendre desvignes et des oliviers, qui entourentdes casins et de petites maisons rusti-ques dont les jardins et les champssont plantés en terrasses ; l’on voit par-tout briller des traces de couleurs anti-ques sur des murs presque recouvertsde plantes parasites.

A ma droilc, sur le point culminant