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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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CÀPRI .

l’œil s'accoutume à ccttc clarté magi-que, et c’est alors que l'on admire à sonaise la beauté de ce bain gigantesqueet féerie, dont les contours resplendis-sans donnent l’idée d’un palais enchan-té. Pour peu que l’on fût romanesque,on serait tenté de croire qu’une élé-gante néréide en a fait son boudoir.

PI us tard je m’expliquai ce phéno-mène : jamais la moindre oscillationne vient ici altérer la surface delà mer.Un côté du rocher qui sépare cettegrotte de la pleine mer, ne descendantqu’à fleur d’eau, la lumière y arrived’une manière horizontale , en tra-versant toute la masse de cette eaubleue de la Méditerranée, qui fait icil'office du verre coloré, teignant deses couleurs le jour qu’il transmet. Lavoûte, couverte de stalactites, contri-bue encore à cet éclat. Toutes ces com-binaisons produisent un effet de lu-mière le plus surprenant que j’eussevu, et dont je ne puis donner l’idéequ’en le comparant à celui produit parles bouteilles de cristal pleines d’eauazurée qui décorent nos pharmacies,et derrière lesquelles on aurait placéune lumière.

Quelques personnes veulent que l’onne puisse parvenir à l’extrémité de cettegrotte, à cause d’un reste de maçon-nerie antique qui forme obstacle; nel’ayant pas parcourue en entier, jen’ose-rais l'affirmer, cependant je doute quecette maçonnerie existe, et quelle ait

servi, comme on veut le faire croire, decommunication avec une villa de Tibèreou de Julie. La masse supérieure du rcher me semble trop considérable pouravoir pu être percée. On a pu venir pren-dredes bains dans cette voûte enchantée;mais en admettant même des restes defabrique, nul doute que cette grotte nesoit l’ouvrage delà nature. Sa situation,à la base d’une énorme roche perpendi-culaire, et la petitesse de son entrée,avaient, par la difficulté des abords,empêché qu’on y pénétrât ; ou plutôtson existence était soupçonnée; maisune superstition populaire , qui la peu-plait d’esprits , en écartait les cu-rieux.

Je m’amusai à laisser tomber danscette eau quelques cailloux que jetrouvai par hasard dans le bateau; ilsdescendaient très-lentement. Mon œilen les suivant les voyait environnésd’un reflet argenté ; ils mettaient quinzesecondes à peu près pour atteindre lefond, où je les distinguais encore par-faitement.

Ce n’est pas sans une espèce de dan-ger que l’on visite cette grotte, car si,dans le moment où l’on y est, un vcdd’ouest venait à s’élever subitement,on risquerait d’y demeurer prisonniertout le temps qu'il soufflerait.

Je ne dois pas oublier une espèced’écho qui dénature la voix au pointde ne pas reconnaître celle de la per-sonne qui vous parle.