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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

MASSA, AMAE.FI, SALEE.RTE, FESTUM, EBOLI , LA CAVA, etc.

Je partis de Capri à dix heures dumatin, et me voilà une autre ibis enmer. La vie d’un voyageur est aventu-reuse; laisser le bien-être pour desprivations, un bon dîner pour un mau-vais, telles sont les chances que courtun homme voué à une vie nomade, toutcela pour aller chercher des notionsnouvelles et revenir en faire part à despersonnes qui n’y attachent souventque peu d’importance.

Je devais débuter par Massa , si-tuée sur la pointe de la Campanella,autrefois promontoire de Minerve.

Massa était déjà célèbre dans les an-ciens âges-, alors, comme aujourd’hui,elle donnait son nom au pays qui toucheau Promontoire. Des écrivains nous di-sent que deux femmes portèrent le scep-tre et régnèrent sur cette portion ducontinent, et sur la ville, où du tempsd’Ulysse il existait une académie re-nommée pour l’éloquence et les scien-ces qu’on y enseignait, en même tempsque pour la corruption des mœurs desacadémiciens. Delà la fable des syrènescélèbres par la douceur de leur voix ,qui perdaient l’imprudent assez faiblepour s’en laisser charmer.

Yue de la mer, Massa offre une jo-lie perspective. Délicieusement situéeau milieu de champs de vignes et d’o-liviers, sur le versant d’une colline,pas assez haute pour laisser apercevoirles îles des Syrènes , et au pied de la-quelle viennent se briser les vagues dela baie de Naples, je n’y retrouvai queles vestiges d’un aqueduc parmi d'au-tres débris. Dans la ville, je visitaila cathédrale qui possède une petiteSainte Famille que l’on me dit être deRaphaël , un palais épiscopal attenant

„ à la cathédrale et une jolie église prèsde la Marine. Les habitans me vantè-rent la fête de cette église le 1 5 août,la foire qui dure toute la journée, lamusique que l’on y entend, enfin lesfeux d’artifice qui la terminent. C’estune occasion saisie par le beau sexedes environs pour venir faire assaut deluxe et de coquetterie; je reconnusdans cette fête les feriœ sativœ desLatins, empruntées elles-mêmes auxGrecs, et j’en conclus que de touttemps les mêmes cérémonies ont eulieu. Les noms seuls ont changé.

AMassa je trouvai un jeune Anglais établi depuis plusieurs jours ; je fusliéaveclui en moins d’un quart d’heure.Un pays étranger, on a besoin de serapprocher, et l’on n’a pas de temps àperdre en cérémonial : il avait eu letemps de recueillir toutes sortes denotions intéressantes. Je lui proposaide m’accompagner à Pestum , ce qu’ilaccepta d’autant plus volontiers , qu’ilétait au terme de ses explorations dansces contrées.

Me voilà donc un compagnon, carje ne connais rien de plus triste que devoyager seul sans avoir à qui commu-niquer ses sensations.

La mer calme favorisait notre des-sein de côtoyer le rivage ; un jour devent, nous eussions éprouvé de gravesdifficultés, à cause de l’oscillation dela mer, toujours agitée à cette pointe,par l’action et la réaction des eaux desdeux golfes. ^

Le premier lieu que nous visitâmesest la Marina de’ Cantoni; puis vientune petite île voisine du rivage , quiparaît renfermer quelques corridorssouterrains ; mais elle est transformée