Le petit village d’Atrani , patrie deMasaniello, tout près d’Amalti, offreun monument très-curieux, ce sont lesbas-reliefs en bronze des portes de l’é-glise de San Salvatore, avec l’inscrip-tion de l’année 1087, époque de lagrandeur de la république d’Amalfi .Ces portes , commandées par Panta-léone Viaretta pour le rachat de sonâme , sont aujourd’hui les plus ancien-nes des nombreuses portes en bronzede l’Italie .
Nous avions vu à peu près tout ceque cette plage offre d’intéressant ; nosmarins nous conseillèrent de profiterdu reste du jour pour nous rendre àSalerne , d’autant qu’il était à craindreque le lendemain la journée ne fût pasaussi belle. Reconnaissant la sagessedu conseil, nous regagnâmes notrebarque.
Nous voici à Salerne , au fond dugolfe qui porte ce nom. La ville est bâ-tie, portion dans la plaine et portionsur la montagne , d’où s’exhalent quel-ques vapeurs sulfuriques , qui, jointesà celles des rizières, rendent la villetrès-malsaine en été. Dans cette saison,
les habitans un
peu
aisés se réfugient à
Vielri, pelite ville peu distante, oùl’air est excellent (PI. 35 ).
Les Romains s’emparèrent de Sa-lerne , dans l’origine château fortifiédes Picentins, et en firent un rempartcontre ses premiers maîtres. Tite-Live nous apprend qu’elle deyint colonieromaine, sept ans après la secondeguerre punique. Elle ne tarda guères àdevenir florissante ; cependant nous nela voyons pas figurer dans l’histoire decelte république. En ioo 5 , quarantechevaliers normands la sauvent du pil-lage et de la destruction dont elle étaitmenacée par les Sarrasins qui l’assié-geaient , et finirent par s’en empa-rer*
Elle a un quai superbe et six églises,non comprise sa cathédrale consacrée àSan Matleo, et devenue presque unmusée par la multitude de colonnes etde bas-reliefs enlevés aux temples dePestum par Robert Guiscar, son fon-dateur. Grégoire VII , fugitif, y est en-terré, ainsi qu’un cardinal Caraüa, surle tombeau duquel est un bas-reliefantique et une inscription. En anti-quités , elle renferme six colonnes ca-chées dans l’écurie de l’archevéché ,et en édifices modernes , un lycée ,destiné à l’étude des sciences exac-tes; un orfanotrofio , « maison pourles orphelins; » un théâtre et l’inten-dance. Tous ces bâtimens sont assezbeaux.
Deux fois par an , en mars et en sep-tembre , on tient à Salerne une foireconsidérable, où se rendent les mar-chands de tous les points du royaume.
L’école de médecine de Salerne avaitacquis, sous les derniers princes lom-bards, une réputation brillante, grâceaux Arabes qui s’y réfugièrent enfouie,et y apportèrent leurs sciences et leursconnaissances profondes de cet art,dans lequel ils excellaient. En 1100,les professeurs de cette école publiè-rent leur célèbre ouvrage en vers la-tins, qui depuis a été traduit danstoutes les langues.
Nous avions passé une journée en-tière à Salerne ; le lendemain, à lapointe du jour, nos marins viennentnous réveiller, et nous voilà en mer,nous coupons la tangente du golfe. Envue de Pestum , terme de notre voyage,la barque s’approche de la côte, deuxmarins nous chargent sur leurs épaules,entrent dans l’eau jusqu’à mi-cuisse,et nous déposent sur la grève. Après cesingulier débarquement, ils nous re-nouvellent la recommandation de nepas coucher à Pestum , ni même d’y at*