tendre la chute du jour, à cause dumauvais air, tellement pernicieux, qu’ilest impossible d’y venir dans les moisde juillet, août et septembre. Nous lesremerciâmes de leur obligeant avertis-sement, et, prenant congé, nous nousenfonçâmes dans les ruines de cetteancienne Possidonia , pour aller voirdes temples que déjà Auguste visitaitcomme des antiquités (PL 36).
Nous foulons un sol jadis célèbre parsa fraîcheur et sa fertilité : ce sol estaujourdhui une plaine marécageuse et brûlante, un désert sauvage et aride.Des Lroncs d’arbres pétrifiés, des débrisde colonnes et de frises, à demi uséesparle temps,des eaux croupissantes etinfectes ; pas un arbre, pas une plante,pas une fleur, pas un brin d’herbe,partout la ronce et l’épine , rempla-çant les bouquets de roses, et l’eaucroupis sur le lit du ruisseau ; tel estle site où s’élèvent de nos jours lesmurs abandonnés de la ville de Nep-tune, l’antique et superbe Pestum , oùles vainqueurs du monde, oubliant leurambition et leurs soins , venaient par-fois suspendre aux branches du ro-sier et du myrte, un glaive fatal auxvaincus.
Qui pourraitnier l’impression qu’onéprouve à la vue de ce site, où s’élèventles temples de Pestum ? de ces templesqui, intacts et solides , ont traversé lessiècles, et semblent dire à celui qui lesconsidère : « OEuvres des plus ancienspeuples de la terre , trois mille ans ontpassé devant nous ; des générations sesont succédées et ont disparu commedes ombres ; Osques, Etrusques , Ro-mains, tour à tour ont foulé ces porti-ques, et nous, toujours debout, nousbravons les siècles ! »
Lafondalion très-reculée de Pestum,autrefois Possidonia , remonte aux an-ciens Sybarites qui, abordant sur celte
plage, y fondèrent une ville, chassèrentde leurs montagnes les habitans pri-mitifs et s’établirent à leur place ; maisà leur tour ils furent dépossédés par-les Lucaniens , et ceux-ci par les Ro-mains, l’an 479 - Ce fut sous ces der-niers que le nom de Pestum fut sub-stitué au nom grec de Possidonia, quiindiquait sa consécration à Neptune.Pestum , faisant partie de l’empired’occident, fut détruite par les Sar-rasins vers la fin du neuvième siècle.
Quels avaient été ces babitaus pri-mitifs expulsés par les Sybarites ? Iciil nous faut avoir recours à Strabon et à Hérodote , qui nous apprennentque Sybaris fut fondée l’an 720 avantJ.-C., et Velia colonie Phocéenne,l’an 54o, d’après l’avis des habitans dePossidonia. Possidonia fut donc fondéedans l’intervalle. A ce sujet, Hérodote rapporte qu’une grande famine ayanteu lieu sous le règne d’Atys en Lydie,royaume puissant de l’Asie mineure ,les Lydiens résolurent de se diviser endeux parts, sous le commandementdes deux fils d’Atys, Lydus cl Ty-rhenus, puis de tirer au sort. L’unedevait émigrer, l’autre rester dans lepays. Tyrlienus fut désigné par lesort comme devant s’éloigner. En con-séquence il fit équiper une flotte àSmyrne , et se mit à la recherche d’unroyaume. Les Pélasges qui habitaientles îles de Lemnos et d’Imbros sejoignirent à lui, et après avoir errélong-temps et visité diverses contrées,il se fixa sur les côtes de l’Ombrie ,où ses compagnons prirent le nom deTyrhéniens.
Les Lydiens avaient conservé beau-coup des mœurs des Chaldéens et desCananéens, et comme nous voyonssouvent ces trois peuples unis , il estprobable qu’un grand nombre d’aven-turiers des deux premiers accompa-