nommées quartiers des soldats. Ici l’onretrouve les traces du pavé de la ville,semblableà celui de la voie Domi tienne,et celles d’un aqueduc. En dehors de laporte nord sont les tombeaux, dontplusieurs paraissentavoir été construitsen stuc, et ornés de peintures. Des ar-mures grecques , des vases d’une rarebeauté, avec des inscriptions grec-ques , y ont été trouvés.
Le temple de Neptune. Toutes lesvillesmaritimes avaient nécessairementun temple dédié à ce dieu. Celui-ci, leplus majestueux et probablement leplus ancien, non-seulement de Pestum ,mais de l’Europe entière, est construitd’incrustations provenant du sédimentpétrifié du Silaro. Car, ainsi que lapierre de Tivoli, celle-ci est composéede bois et d’autres substances pétrifiées,et, quoique aussi dure que le granit,elle a de petites cavités qui la font res-sembler au liège.Trois grandes marchesséparant la plate-forme du sol, et régnanttout autour du temple, forment la basegénérale de l’édifice construit en rec-tangle quadri-latéral. Sa longueur ex-térieure est de cent quatre-vingt-douzepieds, lia deux façades ornées chacuned’un fronton supporté par six énormescolonnes doriques cannelées. Il a éga-lement deux vestibules supportés pardeux pilastres , entre lesquels se trou-vent deux colonnes. Chaque vestibulea un escalier. Aux parties latéralesdu temple sont douze colonnes , au-dessus desquelles court une architravesans saillie, et une frise dorique. Cestrente-six colonnes extérieures, com-posées généralement de six, et quel-quefois de sept pierres , ont un chapi-teau de vingt-cinq pouces et demi dehaut ; le diamètre de leur base est d’en-viron six pieds et demi.
Le sanctuaire, d’environ quatre-vingt-cinq pieds de long, et de qua-
rante de large , est élevé de trois pied?sur le sol du portique intérieur, il estenclos par quatre murs très-bas, etorné de quatorze colonnes sur undouble rang. Leur diamètre à la baseest de quatre pieds et demi, et leurhauteur, sans le chapiteau, seize pieds;l’entrecolonnement est de sept pieds etdemi. Ces colonnes supportent uneimmense architrave, au-dessus de la-quelle est posé un second rang de colon-nes plus petites de dix pieds de haut,probablement destinées à soutenir latoiture du portique. Cinq de ces co-lonnes subsistent encore, deux d’uncôté et trois de l’autre. Ce sanctuaireest pavé en larges pierres carrées. Onvoit encore la place de l’autel principal,et de ceux sur lesquels on égorgeait lesvictimes ; tous faisaient face à l'Orient.Nous ramassâmes quelques fragmensde la mosaïque, vert de mer et bleufoncé , qui décorait les vestibules.«Remarquez, me dit sir William,que ce pavé remonte à la plus hauteantiquité; Homère en fait mentiondans la description du palais d’Alci-noüs , et les temples des Syrènes bâtispar Ulysse , que nous verrons sur laplage de Sorrento , étaient ornés de cesmêmes pierres dont nous retrouvonsici des fragmens. »
Le temple entier semble avoir étérecouvert d’un léger enduit. La pluslarge pierre employée à bâtir cettemasse étonnante , que j’ai voulu me-surer, a d’un côté treize pieds, et del’autre quatre. L’épaisseur est de deuxpieds.
La Basilique, ainsi appelée, parcequ’on ignore sa destination primitive,a une longueur de cent soixante-cinqpieds sur soixante-et-onze de largeur.Elle renferme quelques autels et unsanctuaire. Cet édifice s’élève sur uneplate-forme quadrilatérale. Il a deux