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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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SORRENTO . 47

donne Homère de l’antre de Polyphé-nie , et au besoin l’imagination peutse figurer voir au lieu où nous avionsdébarqué, l’énorme rocher servant àfermer sa caverne. Les habitans affir-ment , de la meilleure foi , que dansles temps les plus reculés des géansont existé sur ces rivages : les preuvesqu’ils en donnent sont des squelettesayant huit pieds de haut, et des crâ-nes en proportion que l’on a retrou-vés dans leurs tombeaux, et le récit deThucydide , qui affirme que les abori-gènes d’une partie de la grande Grèce étaient des géans cannibales appelésLestrigons et Cyclopes. Voici donc lesvoyages d’Ulysse expliqués.

A son départ des îles éoliennes ,après avoir laissé sa flotte dans unepetite anse de Capri , ne prenant qu’unseul vaisseau , il visita la côte de Sur-rentum où il rencontra Polypbême ; delà, rejoignant ses compagnons, il fitvoile du côté de Gaëte , où il trouvales Lestrigons : ceux-ci ayant détruitsa flotte, il aborda dans l’île de Circé .

Sur une montagne, à gauche dutemple des Syrènes , sont les substruc-tions d’un immense et magnifique tem-ple de Cérès. Une villa moderne estbâtie sur ces ruines, où l’antiquairetrouve encore des voûtes , des cham-bres et des ouvrages réticulaires enbrique. Dans la cuisine de cette villaest un puits qui communique , par unaquéduc souterrain , avec cette célèbrepiscine grecque qui fournissait l’eau àla ville et à la plaine de Surrentum. Ona trouvé dans l’enceinte du temple desuperbes colonnes de marbre cipolin,et plusieurs autres morceaux précieuxd’architecture; sur un des côtés duquai ancien , maintenant recouvert parla mer, était un ouvrage en brique ,que l’on croit être le monument élevéen l’honneur de Lyparus, prince étran-

ger , regardé par les habitans de Sur-rentum comme un bienfaiteur.

Entre les deux Marines de Sorrento,nommées la grande et la petite Marine,je vis une voûte grecque que l’on croitavoir formé l’entrée du sanctuaire d’untemple de Neptune. Ce sanctuaire estentier, sauf les incrustations qui sontdégradées ; d’anciens corridors condui-sent dans l’intérieur du temple. A côtéde cette voûte, sur le même rivage,ou pour mieux dire dans la mer, l'onvoit un fragment de fabrique en pierreet en brique , qui en ont évidemmentfait partie; un petit corridor bien con-servé , quoique à moitié rempli d’eau ,conduit dans une vaste salle de bainscirculaire ornéedepeintures, qu’àl’aided’un petit canot on aperçoit à traversune fente de la montagne. Au delà decette salle en est une autre carrée,fort grande et parfaitement conservée,qui aurait fait partie d’un temple deVénus ; on y peut entrer et en fairele tour en bateau.

A la gauche de la ville, et à la pointedu promontoire , sur ce rocher avancédans la mer, et qui nous avai t dérobé lesrayons du soleil, sont les ruines d’unédifice carré que l’on croit avoir été untemple consacré à Hercule . Il en restede grosses masses d’ouvrages réticu-laires, en partie couvertes par la mer,une terrasse pavée, des corridors re-couverts en stuc, et quelques mor-ceaux peints avec cette pourpre de Tyrsi prodiguée à Pompéï ; tout cela sevoit sur le versant de la montagne ;derrière le temple sont des vestiges dela villa de Vedius Pollion, qui con-sistent en un pont, deux réservoirspour les poissons, dans l’un desquelsest une source, une cuisine avec lesfourneaux et les foyers intacts, quel-ques chambres adjacentes , proba-blement destinées aux esclaves, un