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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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48 L’ITALIE .

pavé en stuc et des murs réticulaires.Le réservoir dans lequel est la sour-ce , était destiné aux murènes , quel’on engraissait dans un mélange d’eausalée et d’eau douce. Auguste dînantchez Pollion, un esclave eut le mal-heur de briser un vase de cristal quifaisait partie d’une collection magni-fique , et fut condamné à être jetédans le réservoir pour servir de pâ-ture aux murènes ; Auguste , indi-gné , suspendit l’exécution, et, faisantbriser les autres cristaux, il ordonnade combler ce réservoir.

Dans une anse derrière la villa dePollion , sont des fragmens considéra-bles de corridors et d’arceaux, aujour-d’hui nommés Portiglione , mot forméde porto et de Icône ; ces arceaux,d’après l’aspect de leurs ruines , ayantsans doute formé l’entrée de cavernesappartenantes à un amphithéâtre.Tout confirme dans cette opinion , carsi l’on cotoie la Marine de Paola, onretrouve les traces d’un mur réticu-laire qui, à en juger par sa forme,paraît avoir enfermé un cirque. On adernièrement découvert, dans son en-ceinte , une colonne de marbre poséelà comme un obélisque. Ce cirque au-rait même été commun aux liabitans deSurrentum et de Massa ; la première deces villes s’étendant jusqu’à la villade Pollion, et la seconde plus rappro-chée de Portiglione.

Au delà , sur la pointe de la Campa-nella, était un temple de Minerve,bâti par Ulysse, s’il faut en CFoireStrabon et Sénèque . Mais ce temple,celui d’Apollon , et beaucoup d’au-tres, élevés sur ce rivage, sont au-jourd’hui de niveau avec le sol, ouengloutis par la mer.

La ville de Sorrento , si souvent enbutte aux tremblemens de terre, ou auxravages delà guerre, a conservé fort peu

d’antiquités. Elle possédait cependantil y a fort peu de temps une superbestatue égyptienne; mais la partie su-périeure ayant été volée, on n’en voitplus que le piédestal.

Deux inscriptions, aujourd’hui frus-tes, étaient jadis sur la porte du Piano ,l’une en l’honneur de Trajan , l’autred’Antonin le Pieux . Il y en avait unetroisième sous le portique de l’églisede San-Antonino , faisant mentiond’un temple de Vénus. Dans un murde cette église, est incrusté un vase demarbre de Paros , qui servait aux pu-rifications. Dans l’intérieur, sont descolonnes, des sarcophages et des au-tels. A côté de l’église de San-Bacolo,on retrouve une petite portion dumur du Panthéon , et sur les fontainesquelques bas-reliefs représentant desdauphins, emblèmes d’un peuple na-vigateur.

D’autres bas-reliefs qui ont beau-coup soufiert des ravages du temps ,mais sont encore superbes, fixent lesregards de l’antiquaire sur une voûte,dans un chemin conduisant àla cathé-drale, qui évidemment a été construitesur les ruines d’un ancien temple ,dont le parvis est resté. L’encadre-ment du portail principal est en marbrede Paros , et les bas-reliefs qui les dé-corent représentent des griffons et desfeuilles d’acanthe d’un travail exquis.Ces bas-reliefs, ce portail, un autrelatéral, et diversornemens intérieurs,faisaient autrefois partie du temjded’Apollon .

Au-delà de la porte du Piano , dansla rue Borgo, sont plusieurs antiquitésqui méritent une mention particulière.Entr’autres , la Piscine grecque répa-rée, en 160, par Antonin le Pieux , et quiest parfaitement conservée. J’y remar-quai une grande quantité d’ouverturespercées apparemment pour ventiler cet.