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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

son manuscrit, qui lui est refusé, sousle prétexte qu’affaiblie par le chagrinet le malheur, sa plume gâterait sonouvrage! L’orateur termina cette his-

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toire par le récit de la mort du poëtele jour de son couronnement au Ca-pitole.

La narration finie, nous entrâmesdans le salon, et nous vîmes un busteque l’on affirme être celui de BernardoTasso , son père ; quoiqu’il soit plus pro-bable que cesoitceluid’un sénateur ro-main , la robe de peau de mouton donton l’a revêtu, portée dans les premiersâges de la république , semble con-firmer cette opinion. De ce salon lepoint de vue est magnifique, il s’étendsur toute la baie de Naples ; mais lachambre où est né le Tasse s’est écrou-lée dans la mer (PL 38).

Lorsque Bernardo Tasso vint, de laHaute Italie, s’établir à Sorrento , ilfut si enchanté de la courtoisie deshabitans, qu’il la nomma l’sllbergodclla Cortesia. Il parle ensuite de labeauté et de la bonté du climat : « Sousce ciel, dit-il, les hommes sont im-mortels.» Telle était à cet égard l’o-pinion des anciens , car le célèbre Gal-lien recommandait l’air de Sorrento àtous ses malades, entr’autres à l'empe-reur Antonin.

Il n’est aucun pays où la chaleur soitplus tempérée pendant l’été, et quisoit mieux abrité des vents d’est.

Dans cette plaine, qui s’étend à troismilles, on voit des traces d’un anciencratère ; il est entouré de rochers volca-niques et de scories, qui attestent sonexistence. Tout le reste de la plainen’est qu’une série de villes, de villages,de maisons de campagne et de vergersfertiles, dans lesquels le pin, le chêne,

le noyer, le poirier, l’abricotier, vien-nent pêle-mêle avec le citronnier et l’o-ranger, qui offrent à la fois et leur fleuret leur fruit. Les Sorrentins sont fiersde la richesse de leur sol; aussi leurécusson porte une couronne enlacéed’une guirlande de feuilles d’orangers.

Les jardins d’Alcinoüs, chantés parHomère , ne sont que la description dela plaine de Sorrento , que l’on peutnommer jardin des Ilespérides. Abri-tée du côté de l’est par le monte Sant-Angelo, le soleil ne paraît sur celteplaine que trois quarts d’heure aprèsson lever ; d’autres montagnes la gar-dent du côté opposé, et, placée entreles deux golfes de Naples et de Salerne ,elle est continuellement rafraîchie parune brise de mer ; et les arbres, toujoursverds, n’offrent jamais, même en hiver,l’image d’une végétation défaillante.

Cette plaine contient deux édificesmodernes, l’un, la Villa Coreale , ad-mirée pour son bel escalier, l’autre laCocurnella , anci en couvent des jésuites,qui, au bout de son vestibule, a une coursous laquelle est construit un réservoircommuniquant à la piscine grecque.

Sorrento contient environ trentemille habitans, qui ont conservé lecaractère que leur donne BernardoTasso ; ils sont doux, hospitaliers etfort attachés à leurs foyers. Trois ouquatre générations habitent souvent lemême toit, et il n’est pas rare de voirdes individus de quatre-vingt-dix anssans infirmités. Le bœuf, le veau, leporc, le beurre, le poisson et le miely sont si excellens et si abondans qu’onles exporte à Naples , où ils sont très-estimés. La propreté des habitans estencore à citer, et contribue à faire dees pays un lieu de délices.