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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

montrer à reprises inégales, sans queses intervalles de repos durassent audelà de cinq minutes.

Ce ne sont pas seulement des flam-mes que nous voyions , mais des nuéesde pierres en feu qui, dans les fortesprojections, retombent perpendiculai-rement dans le cratère , ou sur la pentede la montagne opposée à celle où nousétions. L’examende ces pierres ne nousprésenta que des morceaux de laveraffermis et arrondis dans l’air. Nousobservâmes que chaque projection n’é-tait pas toujours accompagnée d’unedétonation , nous en comptâmes plu-sieurs qui se firent silencieusement, etfurent suivies par d’autres qui, sansêtre plus fortes, éclataient cependantavec un bruit pareil à celui d’une mine.

Quoique ce phénomène ne paraissepas , de prime-abord, pouvoir se com-biner avec la cause physique des ex-plosions, cependant il est aisé d’envenir à la démonstration. Le feu étantpar lui seul insuffisant pour les pro-duire , il faut recourir à un fluide élas-tique enveloppé dans la lave qu’il lanceen se dégageant. Si ce fluide se dilatebrusquement en faisant effort contre lalave, il y aura retentissement ; s’il agitavec lenteur, le bruit sera nul ou très-faible , bien que la projection soit forte.Il en est ainsi de l’air atmosphériquerenfermé dans un tube entre deuxbouclions ; que l’un de ces bouchonssoit subitement poussé contre l’autre,ce dernier sortira avec détonation, etsera lancé à quelque distance ; que lamême puissance agisse lentement etsans secousse, le bouchon partira sansbruit. Le fusil pneumatique en offreencore un exemple. Je fus curieux dejeter dans la lave un corps pesant. Jeramassai une pierre, elle rendit danssa chute le son sourd qu’elle aurait faitentendre si elle eût frappé une terre

molle ; elle y fit un trou, s’y plongeaau tiers de son volume, et fut emportéepar le courant. En une demi - minuteelle avait parcouru un espace de douzepieds. Un de nous enfonça un bâtonassez gros , arraché à un arbre le matinmême, il prit feu comme aurait pu lefaire une allumette. Nous avions ap-porté des moules à l’aide desquelsnous parvînmes à faire quelques mé-dailles. Ces moules sont placés à l’ex-trémité de longues pincettes qui per-mettent de saisir la lave sans se brûler,car on peut penser que la chaleur quis’en exhale est intolérable. Les cice-roni font une sorte de médaille avecune pièce de monnaie incrustée dansun morceau de lave.

La lave débouchait par une issueassez étroite, mais elle occupait unespace considérable sur la pente de lamontagne ; elle s’était subdivisée enpetits ruisseaux, l’un desquels avaitcessé de couler; nous voulûmes essayerla solidité de ce plancher tout couvertde scories sans liaisons. Notre piedéprouvait de la résistance, sans cepen-dant pouvoir s’arrêter avec solidité,tant il était mouvant ; la chaleur nousle fit bien vite retirer; nos souliersétaient à moitié brûlés. Sous ces ma-tières solides il en coulait de fluides,et celles-ci étaient du feu ! nous l’a-percevions au travers des crevasses.Ces ruisseaux, en coulant, cbarientde grosses plaques qui, se froissant lesunes contre les autres, rendent un sonsemblable à celui de débris de verre.Il ne nous restait plus qu’à aller ob-server un phénomène curieux; c’étaitune petite grotte voûtée, d’où la laves’échappait jaillissante ; les bords enétaient formés d’incrustations blanches,vertes et azurées ; l’intérieur en étaitcouvert de très - petits cristaux de selet de stalactites, le tout bigarré de