taches d’un vert brillant ; son contourpouvait être de vingt-trois pieds, etses parois presque verticales, de quatrepieds et demi. Le fond en était assezuni; sauf de petites ondulations cau-sées par deux courons qui s’y croisaientet s’y réunissaient pour sortir par uncôté. Sa couleur était entre le rouge etle jaune, et contrastait admirablementavec celle de la voûte.
Il en sortait une fumée ondoyantequi, portant dans les airs des refletsardens, formait une lueur incan-descente qu’on apercevait dans lesténèbres à une assez grande distance.Toutes les fois que cette vapeur mon-tait verticalement dans un air calme,il était impossible d’observer ce quise passait au fond de la grotte; maiss’il s’élevait un souffle de vent qui la fîtincliner d’un côté, en se transportantà l’autre, on pouvait satisfaire sa cu-riosité.
11 fallait redescendre ; la nuit étantarrivée, nos guides allumèrent lestorches dont ils s’étaient munis, etnous quittâmes le Vésuve , non par lechemin pénible par lequel nous l’avionsgravi, mais par un chemin de ceudreset de gravier qui mène en ligne droitejusqu’au bas du cône où nous avionslaissé nos montures. La descente s’o-père en peu de minutes ; car les cendressont profondes, et il n’y a point depierres , de sorte qu’on peut courirtout le long d’une manière sûre.
Ces torches, brillant sur des amassombres de lave, produisent un eflètsauvage et pittoresque, surtout si lasociété est nombreuse comme l’était lanôtre : tout cela formait un spectacleneuf et peu commun.
Après une semblable excursion, nousavions besoin de repos. Le duc voulutabsolument que nous fussions passer lanuit dans sa villa, située entre Portici
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et S. Giovanni.Toutétaildisposé pournous recevoir avec luxe, et avec cettefranche cordialité qui sait faire oublierla date d’une liaison, en vous traitantcomme d’anciens amis.
Nous arrivâmes à cette villa par unebelle et longue avenue, ombragée desuperbes chênes verts et de myrthesfort gros , ornée à l’entrée de quatrestatues de marbre, qui malheureuse-ment ont le nez cassé; cour extérieuregrande, petit parterre et jardin à lafrançaise, dans lequel on voit de petitesfontaines, de petites statues, et degrandes charmilles ; la cour intérieureest entourée d’un péristyle garni debustes antiques; dans les galeriesimmenses du palais, tout est magni-fique ; plafonds peints à fresque , ta-bleaux précieux parmi lesquels sontmêlés quelques portraits de famille.
J’ai déjà dit que la belle duchessed’Anzio est Italienne , et comme telle,piquante, pleine d’aménité; elle eutla bonté de. s’occuper de nous avec sol-licitude; elle nous désigna nos appar-tenions, dans lesquels tout respiraitle luxe et l’abondance; à coup sûr sinotre premier père eût rencontré ceparadis il n’eût plus regretté celuidont on l’avait chassé; elle nous menaensuiLe dans les étages supérieurs, etnous fit remarquer la vue charmanteque l’on découvre de toutes les fe-nêtres; nous vîmes alors que la mern’est qu’à dix pas de cette délicieusedemeure; on n’en est séparé que parun bosquet d’orangers. Nous descen-dîmes ensuite dans la salle à mander,où l’on avait servi un souper qui futaussi gai que délicatement servi. Lanuit était avancée, malheureusement,il fallut nous séparer; chacun gagna sachambre et se disposa à passer unebonne nuit ; au moment où j’allaism’endormir je vis entrer chez moi